S'informer : La biodiversité des jardins

Animaux, plantes et habitats font la richesse de votre jardin et participent à son équilibre et à son esthétisme. Cette rubrique vous permet de mieux connaître cette biodiversité et vous donnera des conseils pour l’accueillir dans votre jardin !

Le triton

Un petit dragon qui nous veut du bien!

Le triton est souvent mal connu des jardiniers, pourtant il tient une place importante dans l’équilibre du jardin: vers de terre, limaces, insectes, larves de coléoptères sont le menu quotidien de notre petit protégé qui ne demande qu’à être aimé !

Un petit dragon qui nous veut du bien!

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© J.-P. Delobelle / Biosphoto

Pourquoi s’interesser au triton?

Le triton est un drôle d’amphibien qui discrètement se dissimule dans un coin de notre jardin, sous des plantes, des pierres, des feuilles, des souches, des paillis ou même dans de la mousse. Véritable allié du jardinier et carnivore confirmé, il se délecte de chenilles, de limaces et autres invertébrés dont les jardiniers peinent à se débarrasser. Au service du jardin, il se régale également de divers insectes aquatiques qui envahissent souvent les points d’eau.

Qui sont-ils ?

De nombreuses espèces de tritons fréquentent les jardins : entre le triton ponctué, le triton alpestre, le triton marbré, le triton vulgaire, le triton palmé ou même le triton crêté, ces drôles de petits compagnons nous réservent bien des merveilles ! Ce sont des amphibiens urodèles , très proches des salamandres, mais à la différence de ses proches cousines, le triton possède une queue aplatie latéralement, et sa taille fait rarement plus de 15 cm. Cette drôle d’espèce passe une grande partie de l’année sur la terre ferme mais ne délaisse pas pour autant les points d’eau au niveau desquels il se reproduit , dépose ses oeufs et réhydrate sa peau.

Dès le début du printemps, les tritons partent à la recherche de leur dulcinée et déploient leur plus beaux atouts : certaines espèces comme le triton crêté se pavanent en dressant leur crête, d’autres exposent leurs plus belles couleurs, ventre d’un flamboyant orange vif pour le triton alpestre… Séduite par tant de charme, la femelle déposera dans l’eau près de 200 œufs en prenant soin de les dissimuler au niveau des plantes aquatiques, même si une grande partie de ces œufs finira dans l’estomac de prédateurs, comme les poissons et les oiseaux. Près de 15 jours après, les larves pointeront leur nez, et ne se métamorphoseront que deux mois plus tard pour partir à la conquête de la vie terrestre. Durant cette période de reproduction, les tritons seront principalement actifs la nuit. Munis d’une torche à la main,vous pourrez alors facilement les observer.

18 cm !

C’est en moyenne la taille de la plus grosse espèce de triton, le triton crêté.

Comment accueillir le triton?

* Le triton se reproduisant dans l’eau, le premier geste pour l’accueillir dans son jardin est bien sûr d’installer un point d’eau peu profond (de 15 à 20 m). Mare, étang, ou simple ornière raviront ainsi les tritons, à condition bien sûr que ces points d’eau n’accueillent ni poissons rouges, ni carpes, véritables prédateurs de ces chers alliés du jardin. Enfin, veuillez à conserver un minimum de végétation dans votre point d’eau afin que madame triton puisse venir y déposer ses œufs.
* Afin que le triton se repose la journée à l’abri des prédateurs, installez dans le jardin un tas de pierres, des paillis, et des souches, véritables auberges d’accueil pour cet amphibien.
* Comme la plupart des amphibiens, le triton est directement victime de l’utilisation de pesticides et d’engrais et est fortement touché par la pollution des eaux douces et la destruction de son habitat. Bannissez donc pesticides et insecticides de votre jardin et découvrez une nouvelle façon de lutter contre les indésirables.

L’anecdote

Saviez-vous que le triton est parfois atteint du syndrome de PETER PAN  en refusant de grandir ? Il mène alors une vie aquatique en respirant avec des branchies et ne franchit jamais le cap du stade adulte.

Notes et références

Bibliographie

Les Amphibiens de France, Belgique et Luxembourg ACEMAV – DUGUET (R.) & MELKI (F.): Editions Biotope / Parthénope, 2003 480p. BAUMGART (G.), 1980 – Je reconnais les Amphibiens, Leson / Agir et Connaître, 112 p.

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