Les plantes bio-indicatrices, ces aides spontanées peu appréciées

Tout bon jardinier finit par s’intéresser à son sol. Caractéristiques physiques, chimiques, il est déterminant de connaître l’état d’enrichissement de la terre afin d’adapter ses cultures et réussir de bonnes récoltes. Quand certains décident de faire appel à un bureau spécialisé dans l’analyse du sol et disposent de compétences pour comprendre les résultats, d’autres préfèrent étudier par extension les plantes qui y poussent naturellement. Gain de temps et d’argent incroyable, nous vous en présentons certaines ci-dessous.

(Source : Samuel Dhier / Biosphoto)

Les herbes spontanées, ces pousses intempestives pullulant parfois sur les terrains sont d’excellents indicateurs de la qualité du sol, bien souvent présents pour le protéger ! En effet, la terre est constituée d’un nombre impressionnant de graines diverses n’attendant que des conditions favorables pour pointer le bout de leur tige. La présence de l’une ou l’autre de ces plantes agit donc comme un écho aux besoins de la plante, et donc de la composition du substrat. En effet, même si ces pousses sont peu exigeantes et s’adaptent plus ou moins au sol, la compétition pour les ressources finira forcément par favoriser l’espèce la plus adaptée au sol.

Il sera possible de récupérer des informations de nature variée, comme la compaction du sol, la texture, les taux d’azote et de potassium, humidité, pH, acidité…

Des herbes pas si mauvaises que ça

Il en existe deux types. Les adventices, qui s’adaptent facilement aux conditions écologiques et disséminent beaucoup de graines et les typiques qui sont adaptées aux milieux, installés de manière durable, mais donnant moins de descendance. La première catégorie, celle des adventices, indique un sol perturbé, à plus forte raison si elles sont nombreuses. Les typiques sont moins nombreuses mais mieux installées (ligneux), elles donnent des indications plus précises.

La liste des plantes bio-indicatrices et de leur spécificité est incroyablement longue. Il existe des encyclopédies complètes sur ces espèces ! Si la composition de votre sol dans les détails vous intéresse, n’hésitez pas à vous en procurer car au-delà de l’indication du sol, connaître la biologie et l’évolution de ces espèces pourrait vous économiser du temps sur l’arrachage manuel.

(Source : Breuer Wildlife / Biosphoto)

Quelques conseils à présent : premièrement, ne pas faire d’analyse en hiver ! En effet, la majorité des plantes sont enfouies sous terre pendant cette période, l’analyse risquerait d’être faussée.

Ensuite, pour qu’une plante puisse être considérée comme bio-indicatrice, il faut qu’elle atteigne une population suffisante, aux alentours de 5 à 10 pieds par mètre carré. Les plants isolés seront négligeables. Puis, il est nécessaire d’identifier les espèces présentes et diviser le jardin afin d’obtenir des parcelles homogènes, en notant le pourcentage de recouvrement du sol pour chacune des espèces. La répartition de ces espèces permettra d’obtenir une conclusion plus contrastée.

Par ailleurs, cela peut paraître étonnant, mais il existe très peu d’espèces caractéristiques d’un sol équilibré, tel que le mouron blanc. A l’inverse, les espèces « alarme », souvent lorsqu’elles sont présentes sur une grande surface, sont bien plus nombreuses. On compte notamment le Rumex à feuilles obtuses et le Datura.

Mais sans plus attendre, voici une liste non exhaustive des plantes bio-indicatrices et de leur signification :

Sol calcaire

Coquelicot, trèfle blanc, moutarde, chardon, véronique de Perse, lamier pourpre, souci

Sol compacté

Pâturin, chiendent, plantain, marticaire, chardon, prêle, renoncule rampante, liseron, trèfle, pissenlit, pourpier

Sol riche en azote

Orties, légumineuses, chiendent, liseron des haies, véronique de perse, lamier pourpre (excès), chardon commun

Sol acide

Fougère aigle, plantain, prêle, bouton d’or

Sols humides

Joncs, typhes, plantain, renoncule rampante, menthe à feuilles rondes, grande ortie, liseron des haies, rumex à feuilles obtuses, carex, agrostide

Surpâturage

Fétuque rouge, agrostide, plantain, pâquerette, chardon, pâturin, menthe à feuilles rondes, trèfle blanc

Prairie fauchée

Flouve odorante, houlque laineuse, avoine élevée,

Érosion des sols

Mercuriale annuelle, lamier pourpre, pâturin annuel, pourpier potager

Conservation de la nature

Enfin, avant de songer à tout arracher, précisons que certaines espèces jouent un rôle important pour la préservation du milieu mais également pour la faune et principalement les insectes. Par exemple, le jonc constitue une véritable réserve de biodiversité : certains insectes se nourrissent de ses feuilles, d’autres y pondent quand les petits mammifères préfèrent s’en servir tout simplement d’habitat. Le trèfle blanc, tout comme le liseron, est quant à lui une excellente plante mellifère. L’ortie est un foyer pour les papillons et punaises. Les exemples foisonnent ! A vous de juger sur quelle surface vous êtes prêts à les tolérer !

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    1. Pauline

      Bonjour,
      Excusez nous pour le temps de réponse. Si cela vous intéresse il existe un ouvrage scientifique en 3 Tome. Complet, transversale et bien illustré : L’auteur est Gérard Ducerf est le livre est : L’encyclopédie des Plantes bio-indicatrices Alimentaires et médicinales – Guide de diagnostic des sols – Publié aux éditions Promonature.

      Bien à vous,
      Pauline des Jardins de Noé