S'informer : La biodiversité des jardins

Animaux, plantes et habitats font la richesse de votre jardin et participent à son équilibre et à son esthétisme. Cette rubrique vous permet de mieux connaître cette biodiversité et vous donnera des conseils pour l’accueillir dans votre jardin !

La pie bavarde

Un oiseau de caractère au jardin !

La pie commune à nos latitudes est la pie bavarde – Pica pica, dont le nom nous arrache un sourire tant il s’associe à merveille à son jacassement sonore et très criard, parfois envahissant.

D’origine inféodée aux milieux ruraux voire prairiaux, la pie s’est vue forcée d’évoluer en même temps que les importants changements écologiques des paysages liés à l’artificialisation des sols et à l’intensification agricole. Elle a d’ailleurs été une espèce en fort déclin à la fin des années 80 en raison de la destruction de son habitat originel (-62%).

A présent implantée dans les régions urbaines et péri-urbaines à proximité des espaces verts et jardins, la pie trouve protection contre ses prédateurs, abris et nourriture en abondance.

(Source : G.Lacz – Biosphoto)

Statut et descriptif d’un oiseau « commun » mais de caractère !

La pie est facilement identifiable et unique du fait des reflets métalliques bleu-violets et verts de ses plumes, présents chez la femelle et le mâle. Il n’existe d’ailleurs pas de dimorphisme sexuel pour cette espèce. D’une taille de 50cm pour une envergure de 60cm, elle peut peser jusqu’à 240g. Son vol est imprécis en raison de la longueur de sa queue et ses déplacements terrestres se font par sautillements. Il s’agit d’un oiseau capable de vivre jusqu’à 15 ans, qui se démarque du fait de son intelligence et de ses fortes capacités d’adaptation – les exemples de domestication en sont nombreux. Elle est même capable de se reconnaître dans un miroir !

Une fois installée, la pie vit de manière sédentaire sur un territoire de 1 à 2ha, qu’elle accepte de superposer à celui d’un autre couple de pies, notamment dans les zones urbanisées denses. Plusieurs nids, d’apparence imposants et recouverts d’un « toit », sont créés à cette occasion mais un seul recevra la ponte, de 3 à 7 œufs, une fois par an. Après l’automne, les couples se séparent et les pies se rassemblent en groupe en attendant la nouvelle saison de reproduction.

Pie juvénile (Source : R. Cavignaux – Biosphoto)

Cet oiseau est avant tout omnivore, nécrophage et opportuniste. Par sa présence, il joue un rôle sanitaire non négligeable de recyclage de la matière et d’élimination rapide des cadavres. En revanche, la pie est avant tout une excellente prédatrice n’hésitant aucunement à se frayer un chemin à travers les bosquets épineux afin d’y prélever les œufs de passereaux. Son régime alimentaire est par conséquent composé de produits variés tels que les fruits, graines, déchets d’origine anthropique… qu’elle n’hésite pas à enfouir dans le sol à l’aide de son bec pour une à deux journées.

Certains qualifient cette espèce de nuisible tant les populations sont parfois conséquentes dans certaines zones mais aucune étude n’est parvenue à démontrer l’implication des pies dans la diminution des petites espèces aviaires.

L’anecdote :

L’attrait pour les objets brillants de la pie semble infondé, véhiculé par quelques rares cas de vol. En effet, la pie s’intéresse bien plus à la nourriture laissée pour nos animaux domestiques qu’à nos bijoux (il semblerait que seule la Castafiore en ait été victime !), pour lesquels elle préfère d’ailleurs se montrer méfiante.

 

Et pour mon jardin ?

C’est vrai, la pie semble sans gêne et a plusieurs effets sur le jardin. D’une part, elle participe à la prédation de toutes sortes d’insectes ou gastéropodes mais elle est également très compétitive envers les merles, chats, passereaux et peut établir des stratégies de groupe pour faire fuir les plus récalcitrants. A l’inverse, il semblerait que seule la corneille lui tienne tête ; bien que la pareille ait été observé avec le geai.

Pie se nourrissant de tiques posée sur une biche (Source : D. Kipling – Biosphoto)

Comment faire en cas de surpopulation ? Vous pouvez adapter les nichoirs et accès à la nourriture pour le passage des petits oiseaux par la mise en place de grillages à mailles larges ou d’entrées réduites. Si vous en avez la possibilité, il est également conseillé d’adapter l’environnement pour le rendre moins accueillant à la pie – qui préfère les espaces ouverts.

La pie est-elle présente dans votre jardin ? Quelles sont vos astuces pour limiter son impact sur les autres passereaux ?

 

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