S'informer : Les Conseils de Noé

Ces fiches conseils expliquent l’intérêt des 10 gestes de la Charte des Jardins de Noé et comment les mettre en pratique.

Végétaliser les villes ? Pourquoi faire ?

Nous vivons dans un monde de plus en plus urbanisé. Aujourd’hui, 55% de la population mondiale est urbaine et les projections prévoient 68% d’urbains d’ici 2050. Or, l’urbanisation croissante de nos lieux de vies a de nombreuses conséquences sur la biodiversité et sur nos cadres de vies.

Ces changements engendrent une modification de nos lieux de vies mais aussi de notre rapport à la nature. Le besoin des citadins d’un retour de la nature en ville est de plus en plus prononcé et cela pour de nombreuses raisons.

© Nicolas-Alain Petit / Biosphoto – Gratte-ciels et Jardin Botanique Royal de Sydney Australie

Quels sont les intérêts pour la biodiversité ?

Par la fragmentation et la destruction des habitats, l’imperméabilisation des surfaces et la modification de l’équilibre naturel, la biodiversité est réduite à plusieurs niveaux. En effet, pour une urbanisation croissante, on observer une diversité spécifique décroissante et ceci chez tous les taxons. Les milieux urbains favorisent également les espèces les plus généralistes et les espèces exotiques, au détriment de la flore et de la faune locale.

Afin de limiter les effets de l’urbanisation croissante sur la biodiversité urbaine, une des solutions proposées consisterait à végétaliser la ville. Cette végétalisation permettrait dans un premier lieu de créer de nouveaux habitats pour les espèces faunistiques et floristiques mais également de favoriser leur déplacement.

En effet,  la végétalisation des rues et voiries ou des murs et toits, crée des corridors écologiques qui permettent de relier les différents espaces verts entre eux. Créer un maillage vert en ville permet donc le maintien et le développement d’une biodiversité ordinaire jusqu’au cœur de la ville. Ce maillage permet aussi aux espèces de traverser les villes et donc de limiter l’effet de coupure que peuvent représenter les métropoles dans la dispersion des espèces à plus grande échelle (régionale voire nationale). Cette capacité de dispersion est d’autant plus importante au vu des déplacements vers le Nord dû au changement climatique.

© Alexandre Petzold / Biosphoto – Plantes adventices sur une ancienne voie ferrée dans Paris

Accueillir les pollinisateurs sauvages en ville 

L’urbanisation croissante à des effets généralement négatifs sur les pollinisateurs. Toutefois il est possible de repenser nos villes pour mieux les accueillir. Pour en savoir plus, nous vous invitons à découvrir un article passionnant de Jérémie Goulnik, chargé de programme Pollinisateurs à Noé. Cliquez ici ! 

Quels sont les intérêts pour les services écosystémiques ?

La nature en ville permet le maintien et la résilience de nombreux services écosystémiques, c’est-à-dire les bénéfices que les écosystèmes procurent aux humains et permettent également de réduire de nombreux disservices (les fonctions d’un écosystème qui sont, ou sont perçues comme, négatives pour le bien-être humain) liées aux activités humaines.

Tout d’abord, la végétation en ville permet une régulation thermique en réduisant l’effet d’îlot de chaleur urbain (déséquilibre thermique entre ville et campagne). Par transpiration, la végétation relâche de l’eau dans l’atmosphère et en s’évaporant l’eau consomme de l’énergie et rafraîchit l’atmosphère. Dans un parc, la différence de température par rapport à des zones construites est significative et peut varier de  -1 à -3 degrés en fonction de la superficie. Autre exemple, un parc en cœur d’un îlot urbain permettrait une baisse de 1°C des températures de l’air dans les rues adjacentes sur un rayon de 100 mètres. La végétalisation des bâtiments contribue quant à elle à une meilleure isolation thermique, grâce à l’ombre, l’évapotranspiration et l’épaisseur du substrat.

L’imperméabilisation des sols en ville limite l’infiltration des précipitions dans le sol, l’eau ruisselle directement et rejoint les écoulements superficiels (le tout à l’égout). Or, ce phénomène à plusieurs conséquences : d’une part les eaux ruissellent et se chargent de matières en suspension et polluants tout le long des surfaces qu’elles parcourent et d’autre part, le volume des écoulements peut provoquer des inondations (gonflement du débit d’eau et débordement). Le ruissellement constitue également une perte de ressources, car le cycle urbain de l’eau est beaucoup plus rapide que son cycle naturel.  La végétation urbaine permet de remédier à cela en étant des points de rétention temporaire, de ralentissement de l’écoulement voire d’infiltration des eaux pluviales.

© Sylvain Cordier / Biosphoto – Toit végétalisé avec sédum et autres plantes Rhinau France

La végétation en ville permettrait également de réduire la concentration en particules fines et en polluants dans l’air mais aussi de réduire la pollution sonore en atténuant la propagation du bruit.

Enfin, la nature en ville est aussi essentielle pour le bien-être physique et mental des humains. La proximité d’espaces verts permettrait une réduction du niveau d’angoisse et de stress, favoriserait l’activité physique, réduirait le développement de certaines maladies et allergies et améliorer le cadre de vie et l’état de santé ressenti des citadins.

Des initiatives de plus en plus nombreuses

De plus en plus de collectivités, particuliers et professionnels répondent à cette nécessité de végétaliser les villes que cela soit pour faire face aux changements climatiques, conserver la biodiversité ou par demande des citadins.

    • Le permis de végétaliser 

Initié par la ville de Paris en 2015, le permis de végétaliser permet à toutes et tous de devenir acteur de la végétalisation de sa ville en aménagent et fleurissant différents espaces : pieds d’arbres, jardinières mobiles, murs … Cette initiative a été reprise dans d’autres villes en France comme Marseille, Strasbourg, Le Havre ou encore Grenoble.

Pour en savoir plus : cliquez ici. 

© Agnès Duret / Biosphoto – Végétalisation de la ville par des bacs au pied des murs. Morelle faux jasmin (Solanum jasminoides) Quartier Méditerranée, Montpellier.

    • Jardins partagés et agriculture urbaine 

De plus en plus, les citadins demandent à pouvoir produire une partie de leurs nourritures à travers des jardins partagés ou collectifs mais aussi par des initiatives d’agriculture urbaine. Allant jusque sur les toits de l’Opéra de Paris, un grand nombre d’espaces se végétalisent à travers ses pratiques. Autant d’espaces pouvant profiter à la biodiversité urbaine.

Sources :
IAU Ile-de-France, 2015, Redécouvrir la nature en ville,  Les carnets pratiques du SDRIF, n° 6  https://www.iau-idf.fr/fileadmin/NewEtudes/Etude_1207/cp6_web.pdf
Laille Pauline, Provendier Damien, Colson François, Salanié Julien, 2013, Les bienfaits du végétal en ville : étude des travaux scientifiques et méthode d’analyse, Plante & Cité https://batimentetbiodiversite.files.wordpress.com/2015/02/2014_02_10_bienfaits_du_vegetal_en_ville_2-2.pdf
Partagez sur les réseaux sociaux :

Donnez votre avis