S'informer : Les Conseils de Noé

Ces fiches conseils expliquent l’intérêt des 10 gestes de la Charte des Jardins de Noé et comment les mettre en pratique.

Végétaliser les pieds de murs de son logement

Les habitats des espèces sont de plus en plus fragmentés.Permettre le déplacement des espèces au sein d’un territoire est un enjeu majeur de leur conservation. La création/préservation de corridors écologiques est donc essentielle à la protection de la biodiversité. En milieu urbain, les habitats offerts pour la faune et la flore  sont très fragmentés et végétaliser nos bâtiments pourrait permettre aux espèces de se déplacer, mais aussi à la nature de reprendre sa place. Une des solutions serait de végétaliser les pieds de murs des habitations.

De nombreux avantages :

Végétaliser les pieds de murs permet en plus du déplacement des espèces faunistiques et végétales d’offrir des lieux de refuges et de sources de nourritures pour la petite faune. Les bénéfices pour la biodiversité sont multiples, mais la végétalisation des pieds de murs à de nombreux autres avantages pour nous.

© Yann Avril/Biosphoto – Bordure de Pied d’alouette élevé (Delphinium elatum) devant un mur de pierres

La végétalisation des bâtiments participe au rafraîchissement de l’air et à la lutte contre l’îlot de chaleur urbain. Cela permet également d’isoler thermiquement et acoustiquement les bâtiments : les végétaux et le substrat absorbent les ondes sonores et aident à garder la chaleur en hiver et la fraîcheur en été. De plus, cela favorise l’infiltration des eaux de pluie et de ruissellement, ce qui permet de réguler les flux d’eau lors des fortes intempéries.

Enfin, végétaliser les pieds de murs permet d’embellir une rue, un quartier, voir une ville entière en rendant ces espaces plus verts et accueillants.

Éléments à prendre en compte avant de végétaliser les pieds des murs :

 Même si cela peut paraître évident, le climat et l’exposition de votre mur auront des effets sur les végétaux que vous planterez, il est donc essentiel de réfléchir en amont à la palette végétale utilisée. Planter des végétaux locaux est conseillé pour une bonne adaptation, mais aussi pour favoriser la faune locale.

De manière plus technique, le potentiel de végétalisation du mur et l’espace au sol disponible vont grandement influencer la technique à mettre en œuvre. Par exemple, certains murs maçonnés à la terre ou à la chaux peuvent être fragilisés par le développement des systèmes racinaires. Il est donc important de se renseigner pour choisir la technique la mieux adaptée à son mur.

Différents types de pieds de murs végétalisés :

 Il existe plusieurs manières de végétaliser les pieds de murs :

La plantation en bande le long du mur

Il s’agit de planter le long du mur dans une bande de terre, une petite fosse qui sera remplie de substrat riche en matière organique pour retenir l’eau et en nutriment pour les plantes. Le choix des végétaux peut être très large, mais la qualité et quantité de sols devra être prise en compte, notamment pour pallier au manque d’eau. Ce type de plantation est idéal pour la biodiversité, et plus particulièrement pour la vie des sols.

La plantation de plantes grimpantes

Une alternative à la plantation en bande est l’ajout de plantes grimpantes qui permettent de végétaliser les murs des façades. Très intéressants pour la biodiversité, ils permettent de créer des habitats spécifiques pour la faune.

Différents types de plantes grimpantes existent :

  • Les plantes à crampons qui sont capables de s’accrocher d’elles-mêmes sur la paroi comme le lierre ou la vigne vierge. Ces plantes n’ont pas besoin d’un support, mais il est possible de les orienter en début de croissance par un treillage.
  • Les plantes volubiles qui s’élèvent le long d’un support en enroulant leur tige, c’est le cas de la glycine ou du houblon. Ces plantes ont besoin d’un treillage pour pousser et une section ronde est recommandée.
  • Les plantes à vrilles qui s’attachent aux supports par le pétiole de certaines feuilles comme les clématites. Comme les plantes volubiles, il est nécessaire de mettre en place un treillage pour les faire pousser.
Le lierre détruit-il les murs ?
Le lierre s’accroche au mur à l’aide de crampons, si le joint entre les briques est humide, vieux ou si le mortier a été mal dosé, il est emporté avec le lierre lorsque celui-ci est arraché. Le lierre n’entre pas dans les joints quand ils sont en bon état, mais se fixe simplement en surface. Le lierre pourrait même protéger les murs de l’humidité et des intempéries. De plus, le lierre est très intéressant pour les pollinisateurs du fait de sa floraison tardive à l’automne, il représente l’une des dernières sources de pollen et de nectar de la saison.

© Frédéric Tournay / Biosphoto – Vigne-vierge

La plantation en pot

Mettre en place des pots le long de son mur est une solution moins intéressante, mais qui reste une bonne alternative face à des contraintes trop fortes. Afin de rendre l’installation plus écologique, pensez à planter différentes strates végétales et à planter local.

Pour aller plus loin, on peut laisser la végétation s’installer spontanément : les espèces qui s’installent sont alors complètement adaptées aux conditions particulières du lieu et ne nécessitent quasiment aucun entretien.

 

Les murs végétaux
La végétalisation des pieds de murs peut également s’accompagner d’une végétalisation du mur. Dans le cas des plantes grimpantes, le mur est également végétalisé, mais de nouvelles techniques existent pour végétaliser les murs en fixant différents types de structures conçues pour maintenir un substrat. Les murs peuvent utiliser les principes de l’hydroponie (solution nutritive irriguant un substrat inerte) ou alors se faire sur un substrat classique. L’un des plus connu est le ur végétale du Musée du Quai Branly. Toutefois, ces techniques sont d’une part très coûteuses et d’autre part demandent un fort entretien et sont très gourmands en eau.
Une solution plus écologique serait de s’inspirer de la colonisation des végétaux en construisant des murs permettant leurs installations spontanées.

 

© Joël Douillet/Biosphoto – Mur Végétal du Musée du quai Branly à Paris ;

© Gary K. Smith / FLPA – Frank Lane Picture Agency / Biosphoto – Cymbalaire des murs

 

Sources :
Ville de Strasbourg, Guide de végétalisation : Au pied du mur, https://www.strasbourgcapousse.eu/app/uploads/2017/03/BD_PIED_DU_MUR.pdf
CAUE Deux Sèvres, Végétaliser les pieds de murs : Semer plutôt que désherber ! http://www.caue79.fr/wp-content/uploads/2019/12/VegetaliserPiedsMur.pdf
L’Atelier des espaces publics de Lille Métropole, 2015, Le verdissement des pieds de façades : Préconisations pour favoriser le développement du végétal le long des bâtiments dans la métropole lilloise – http://www.adu-lille-metropole.org/wp-content/uploads/2016/11/cahier5.pdf
http://www.biodiversite-positive.fr/wp-content/uploads/2011/10/Murs-et-pieds-de-murs-végétalisés-11-Mai.pdf
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