S'informer : Les Conseils de Noé

Ces fiches conseils expliquent l’intérêt des 10 gestes de la Charte des Jardins de Noé et comment les mettre en pratique.

Pourquoi laisser un coin de jardin au naturel ?

La nature fait si bien les choses…

Une friche dans le jardin, c’est un petit coin où la nature pourra s’exprimer, où des espèces de plantes et d’animaux, ailleurs de moins en moins courants, pourront se maintenir et prospérer. Découvrez pourquoi ce vrai coin de nature est indispensable dans votre jardin…

La nature fait si bien les choses…

© S.Popinet et C. Freidel / Biosphoto

© S.Popinet et C. Freidel / Biosphoto

L’origine des « mauvaises herbes »…

Les plantes que l’on appelle aujourd’hui ‘mauvaises herbes’ étaient appelées au Moyen-âge « herbes au mal » ou « malesherbes », terme que l’on retrouve dans de nombreux noms de lieux. Ce nom n’était pas dévalorisant : il rappelait que ces herbes pouvaient être utilisées pour combattre les « maux ». Les plantes locales étaient la seule pharmacie accessible à l’époque. Malgré cette utilité, la concurrence qu’elles entretenaient avec les espèces cultivées finit, au cours des siècles, par faire passer leur nom d’herbes au mal en mauvaises herbes, herbes indésirables à chasser des jardins…

Astuce !
Vous pensez que la friche amène plus de « mauvaises herbes » dans votre potager ? Si vous en avez, laissez-les germer puis arrachez les jeunes plantules avant d’y installer vos plantations…

Pas de papillons sans « mauvaises herbes » !

Toutes les espèces de papillons passent par plusieurs stades. De l’œuf à la chenille, de la chrysalide à l’adulte, chaque espèce a des exigences particulières en fonction de son âge.
Les chenilles sont très sélectives en ce qui concerne leur nourriture : elles ne consomment bien souvent les feuilles que d’une plante. Les plantes exotiques intéressent donc peu les papillons de notre pays. Ainsi, même si votre jardin compte de nombreuses plantes nectarifères, capables de nourrir les papillons adultes, ceux-ci seront peu nombreux s’il n\’y a pas de plantes locales, indispensables à l’ensemble du cycle de vie des papillons.

La friche, le milieu le plus riche en biodiversité du jardin

Un coin de friche n’est pas seulement indispensable aux papillons : nombre d’autres animaux iront s’y réfugier, s’y nourrir, s’y reproduire : insectes, oiseaux, grenouilles, hérissons et autres petits mammifères apprécieront cet espace. Il sera notamment recherché pour sa stabilité et son calme : un endroit non bouleversé régulièrement par les activités humaines n’est plus si courant de nos jours…

L’anecdote
Avec le temps, une friche peut donner naissance à une forêt. Pas besoin de planter d’arbres !

Une réserve de prédateurs naturels au fond du jardin

La lutte biologique est un moyen efficace de réduire les attaques sur les plantes cultivées sans utiliser de produits chimiques. Il s’agit de favoriser les prédateurs naturels des insectes ravageurs : coccinelles, guêpes chasseresses… L’un des inconvénients de la lutte biologique est qu’une fois le travail effectué, les prédateurs se retrouvent privés de nourriture et migrent vers d’autres lieux où se trouvent encore des proies, le plus souvent hors du jardin. A ce moment, une friche peut s’avérer essentielle : il s’y trouvera des pucerons et d’autres proies susceptibles de retenir coccinelles et autres prédateurs à proximité. Ces insectes utiles seront donc toujours présents en cas de nouvelle attaque sur les cultures. La friche devient ainsi un élément indispensable à l’équilibre écologique du jardin.

Mais qu’est-ce qu’une friche au juste ?

Une friche est simplement un endroit du jardin où l’on oublie binettes et sarcleuses, arrosoir et pulvérisateur. Inviter la friche dans son jardin peu paraître étonnant. Le jardin, dans notre conception habituelle, est en effet l’endroit où la nature est cultivée, domestiquée, par opposition avec la nature « sauvage » qui l’entoure. Cette conception, née à l’époque où les hommes commençaient à aménager leur environnement, mérite d’être remise en question : aujourd’hui, les espaces naturels sont partout en régression, et bien peu de surfaces en Europe peuvent encore être considérées comme « sauvages ». Cette régression a entraîné la raréfaction, voire la disparition de très nombreuses espèces animales et végétales. Face à l’urbanisation croissante et à l’uniformisation des milieux agricoles, le jardin change progressivement de statut : d’une île de nature domestiquée il devient un refuge de verdure, au sein duquel la nature sauvage, chassée partout ailleurs, a sa place.

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