S'informer : Les Conseils de Noé

Ces fiches conseils expliquent l’intérêt des 10 gestes de la Charte des Jardins de Noé et comment les mettre en pratique.

Les maladies cryptogamiques

Comment lutter contre le développement de champignons parasites sur les plantes de nos jardins ?

Lorsque la pluie remplace le beau temps, nous ne pouvons pas profiter pleinement du jardin et de ses jolies floraisons. Les réservoirs à eau de pluie sont remplis et les plantes bénéficient d’un arrosage naturel. Pourtant cette humidité ambiante et les températures douces encouragent le développement de maladies cryptogamiques causées par des champignons microscopiques. Cloque, mildiou, tavelure… découvrez ces maladies et les différents moyens de limiter leur propagation pour préserver les végétaux de votre jardin.

Bigconseil

(c) Biosphoto / J-P. Delobelle

Qu’est-ce qu’une maladie cryptogamique ?

Une maladie cryptogamique ou fongique est une maladie causée par un champignon parasite. Autrefois, les champignons étaient classés dans la famille des plantes cryptogames. Le nom de maladie cryptogamique est resté même si les champignons ont changé de branche de classification.

Les maladies cryptogamiques représentent 90% des maladies affectant les végétaux du jardin. Les spores des champignons, transportées par le vent, la pluie, les hommes, les animaux, ou conservées dans le sol, se déposent sur la plante pour venir la parasiter. Le champignon se développe et entre dans la plante sous forme de filaments que l’on appelle mycélium. Il pénètre les tissus en traversant l’épiderme par voie naturelle ou en profitant des blessures causées par un autre parasite. A ce stade de l’infection, aucun symptôme n’est visible sur la plante. Une fois qu’ils sont apparus (taches sur feuille et rameau, nécrose…), il est trop tard pour soigner la plante, mais il est toujours possible de limiter la propagation de la maladie.

Les principales maladies cryptogamiques et leurs symptômes :

Tavelure (pommier) : taches brunes sur feuilles et fruits, feutrage brun et crevasses sur fruits

Tavelure

(c) Biosphoto / A. Petzold

Rouille (l’ensemble des végétaux du jardin) : pustules variant du blanc au noir selon les espèces, et taches recouvrant les deux côtés des feuilles

Rouille

(c) Biosphoto / J. Lecomte

Moniliose (les arbres fruitiers) : traces concentriques de pourriture gagnant la totalité des fruits, chancres et suintements de gomme sur les troncs

Moniliose

(c) Biosphoto / H. Lenain

Oïdium (le rosier, la vigne, les arbres fruitiers, les plantes potagères) : feutrage blanc sur les feuilles

oidium

(c) Biosphoto / A. Petzold

Mildiou (la vigne, la tomate, la pomme de terre, l’oignon et les plantes ornementales) : taches d’huile sur la face supérieure des feuilles et feutrage blanc

Mildiou

(c) Biosphoto / D. Bringard

Cloque (les arbres fruitiers) : taches rougeâtres sur le feuillage, déformation des rameaux

Cloque

(c) Biosphoto / D. Bringard

Comment prévenir l’apparition de maladies cryptogamiques ?

De nombreuses mesures peuvent être prises afin de prévenir l’arrivée des champignons parasites, il est question de :

  • Ne pas arroser les feuillages, l’humidité favorise l’installation des maladies cryptogamiques sur les plantes.
  • Espacer les plantations afin d’aérer les feuillages.
  • Avoir un arrosage raisonné. Un sol trop imbibé d’eau facilite le développement de champignons.
  • Pour le compost, ne pas utiliser des plantes atteintes par une maladie fongique (tavelure, oïdium, mildiou, cloque, rouille…). Si vous êtes débutant dans l’art du compost, ne pas y mettre des déchets de rosiers ni de fruitiers, souvent infectés par les champignons. Cependant un compostage bien fait détruit toutes ces maladies.
  • Observer régulièrement les végétaux pour retirer les parties infectées dès les premiers symptômes.
  • Utiliser des variétés résistantes à certaines maladies.
  • Pratiquer la rotation des cultures pour le potager.
  • Prendre soin de la plante, la fertiliser (sans excès) et couvrir son sol : une plante vigoureuse et en bonne santé aura plus de facilités à se défendre contre les maladies.
  • N’utiliser qu’en quantités minimales les produits labellisés pour l’agriculture biologique (cuivre, soufre…) qui sont utilisés en prévention, car en trop grande quantité ils ont un effet tout aussi néfaste que les produits de synthèse sur l’environnement. Il est impératif de respecter les doses préconisées.
  • Certaines décoctions, infusions et purins de plantes peuvent être utilisés en prévention même si leur efficacité est moins importante que les produits labellisés pour l’agriculture biologique . Par exemple la décoction d’ail s’utilise pour prévenir de la fonte de semi, le purin d’orties quant à lui renforce les défenses immunitaires de la plante qui sera plus à même de lutter contre l’oïdium, le mildiou ou encore la rouille. Vous pouvez (re)découvrir l’article sur les purins et extraits de plantes sauvages.

Comment limiter la propagation des champignons ?

Lorsque les plantes sont infectées, il est impératif de prendre des dispositions afin de limiter la propagation de la maladie, il faut :

  • Supprimer toutes les parties contaminées : les fruits, feuilles et rameaux touchés. Il est indispensable d’éviter que les spores présentes sur les parties infestées ne se disséminent et se développent sur d’autres plantes de la même espèce.
  • Ramasser les feuilles mortes en automne afin de limiter le stockage des spores dans le sol.
  • Ne pas laisser des feuilles, fruits ou rameaux infectés sur la plante ou au sol afin de limiter la dispersion des spores.
  • Utiliser des outils désinfectés.
  • Ne pas utiliser de fongicides chimiques qui ont un impact désastreux sur la biodiversité.
  • Utiliser des infusions, décoctions et purins qui agissent comme fongicides  : par exemple, l’infusion d’ail permet de lutter contre l’oïdium, la cloque du pêcher ou encore la fonte des semis, l’infusion de ciboulette quant à elle permet de lutter contre le mildiou et la tavelure.
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