S'informer : Les Conseils de Noé

Ces fiches conseils expliquent l’intérêt des 10 gestes de la Charte des Jardins de Noé et comment les mettre en pratique.

Les espèces exotiques envahissantes

Qu’est-ce qu’une espèce exotique envahissante (EEE) ?

D’après l’INPN (Inventaire National du Patrimoine Naturel), une espèce exotique envahissante (ou invasive) est une espèce introduite par l’Homme (de façon volontaire ou fortuite) en dehors de son aire de répartition naturelle, qui s’y établit et qui étend son aire de distribution. Elle peut également être définie comme « une espèce dont l’introduction et/ou la propagation menace la diversité biologique » (Convention sur la diversité biologique). En France métropolitaine, l’INPN a recensé 509 espèces exotiques envahissantes dont 330 plantes et 163 animaux en 2018.

Une espèce exotique ne devient pas forcément envahissante. Sur 1000 espèces importées par l’Homme, seule une en moyenne deviendrait envahissante dans le milieu d’accueil. Cette règle a été confirmée pour les espèces végétales, mais le taux d’espèces exotiques animales devenant envahissantes serait lui bien supérieur (17 % chez les oiseaux et 50 % chez les mammifères).

Le Ragondin, originaire d’Amérique du sud, est considéré comme envahissant en Europe. ©Benoît Personnaz / Biosphoto – Ragondin (Myocastor coypus) mangeant dans l’eau, Etangs de la Dombes, Ain, France

Les impacts possibles des EEE

Les espèces exotiques envahissantes peuvent avoir des impacts très variés qui se déclinent généralement en trois catégories.

  • Des impacts écologiques : les EEE peuvent engendrer une réduction de la biodiversité par des mécanismes de compétition ou de prédation et causer la disparition locale d’espèces indigènes. Ces espèces peuvent également impacter le fonctionnement des milieux et des écosystèmes. C’est par exemple le cas en France du Buddleia de David(Buddleja davidii) ou Arbre aux papillons, plante originaire de Chine qui entre en compétition avec les espèces pionnières locales.

© Lamontagne / Biosphoto – Buddleia « Lochinch » et penstemon

  • Des impacts économiques : Les espèces exotiques envahissantes peuvent engendrer des pertes de production, des coûts pour les gérer et causer des dégâts sur des infrastructures. En effet, les coûts annuels des dommages et des interventions de gestion des espèces exotiques envahissantes à l’échelle européenne dépasseraient 12 milliards d’euros.
  • Des impacts sanitaires : Certaines espèces peuvent être des réservoirs et/ou des vecteurs de maladies ou encore provoquer des allergies respiratoires comme c’est le cas pour l’Ambroisie à feuilles d’armoise.

© Hervé Lenain / Biosphoto – Ambroisie à feuilles d’armoise

Une plante ou un animal invasif peut, au bout d’un certain temps, ne plus l’être. Un équilibre naturel entre les êtres vivants peut en effet se créer sur un temps plus ou moins long. Toutefois, cela ne signifie pas qu’aucune action ne doit être menée, mais qu’elles doivent être spécifiques aux situations.  Dans certains cas, il est nécessaire de mettre en place des plans de gestion afin de limiter l’expansion de certaines espèces.

Les EEE dans les jardins, que faire ?

Les jardins sont des lieux propices à l’installation voire à la dispersion d’espèces exotiques ; il est donc nécessaire d’être vigilant à ce que l’on plante et comment ces plantes sont gérées. Toutefois, certains réflexes permettent de réduire les risques :

  • Planter des espèces locales et éviter au maximum de planter des plantes pouvant devenir envahissantes. En effet, certaines plantes exotiques sont en vente libre en jardinerie : il est donc plus sûr de se procurer des espèces indigènes. Pour cela, vous pouvez vous aider du label Végétal Local, crée en 2015 qui il garantit l’origine locale d’un végétal sauvage. La biodiversité locale ne vous en sera que plus reconnaissante ! 
  • Arrêter les décharges de déchets verts en pleine nature ou proche des rivières favorisant la dispersion des espèces.
  • Éviter de relâcher ou d’abandonner dans la nature des espèces que l’on possède, que ce soit des animaux comme des poissons ou des tortues mais aussi des espèces végétales comme les plantes d’aquarium.

Enfin, vous pouvez aider au suivi de la dispersion des EEE par différents programmes de sciences participatives et aussi signaler des espèces introduites à partir d’un smartphone, et cela, sur l’ensemble du territoire français grâce à l’application INPN espèces.

Vous trouvez sur ce site l’ensemble des espèces exotiques considérées comme envahissantes en France : https://inpn.mnhn.fr/espece/listeEspeces/statut/metropole/J

Sources :

https://www.eaufrance.fr/chiffres-cles/nombre-despeces-exotiques-envahissantes-eee-en-france-en-2018

https://inpn.mnhn.fr/programme/especes-exotiques-envahissantes

https://uicn.fr/wp-content/uploads/2016/09/UICN_Guide_EEE_entreprises_L1.pdf

http://cbnbp.mnhn.fr/cbnbp/ressources/telechargements/CBNBP_PEE_IDF_2018.pdf

https://www.vegetal-local.fr/la-marque

http://eee.mnhn.fr/rappel-de-quelques-notions/

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