S'informer : La biodiversité des jardins

Animaux, plantes et habitats font la richesse de votre jardin et participent à son équilibre et à son esthétisme. Cette rubrique vous permet de mieux connaître cette biodiversité et vous donnera des conseils pour l’accueillir dans votre jardin !

Le moineau domestique

L’oiseau des villes et des champs

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© pixabay

Qui est-il ?

Espèce ordinaire que l’on rencontre aussi bien en ville qu’à la campagne, le moineau domestique est une espèce qui n’attire plus le regard du passant tellement elle est devenue commune. Pourtant elle requiert toutes nos attentions !

De son nom latin Passer domesticus, le moineau domestique est un oiseau de petite taille d’environ 15 cm. On distingue le mâle par sa gorge noire, son dos brun, ses joues et son ventre gris-blanc. La femelle, quant à elle, est de couleur brun grisâtre et rayée de brun-noir sur le dos.

Le moineau est un oiseau vivant en colonie très bruyante. Installant leur nid les uns près des autres, ce sont les mâles qui se chargent de la construction. Constitués d’herbes sèches et de brindilles, les nids sont souvent placés dans un trou d’arbre, une cavité, un mur, sous un toit ou sur une poutre. Les mâles tentent alors de séduire les femelles en paradant devant leur réalisation. Le couple ainsi formé durera toute leur vie.

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© pixabay

Présent toute l’année sur notre territoire, le moineau vit à proximité de l’Homme dans tous les habitats ouverts, des plaines céréalières jusqu’au cœur des agglomérations.

Souvent peu apprécié par les agriculteurs dû à sa grande consommation de graines, le moineau est toutefois utile. En plus de picorer les graines des céréales cultivées, il consomme également en grande quantité les graines des adventices en automne. Au printemps, pour nourrir ses oisillons, il chasse de nombreuses espèces d’insectes notamment des chenilles et des pucerons.

Une espèce à protéger

Venu du Proche-Orient, le moineau domestique s’est adapté au mode de vie de l’Homme pour survivre. En grand granivore, il s’est d’abord servi dans les champs de céréales pour s’alimenter, ce qui lui a valu sa mauvaise réputation pendant de nombreux siècles. Il s’est ensuite installé dans toute l’Europe en empruntant les routes commerciales. Pouvant se nourrir des innombrables miettes laissées par les voyageurs dans les trains et les bateaux, il a pu conquérir tous les continents. Il n’est donc pas rare de l’apercevoir dans toutes les grandes villes du monde, pourtant les populations de cette espèce en ville sont en déclin.

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© Darren Lewis

Depuis quelques décennies déjà, dans de grandes villes du nord de l’Europe, les populations ont considérablement diminuées, notamment en Angleterre où les effectifs ont été divisés de moitié entre 1970 et 2000 si bien que le moineau y a été inscrit en 2009 sur la liste des espèces en voie de disparition. Les causes de ce phénomène ne sont pas encore toutes identifiées même si quelques facteurs semblent jouer un rôle important dans le déclin des populations en ville. La pollution de l’air due au trafic routier ainsi que l’aménagement urbain s’orientant vers des centres-villes plus densément bâtis et peuplés seraient les deux principaux facteurs de cet affaiblissement des populations de moineaux en ville.

Autre fait notable, ce petit passereau serait également victime d’une mauvaise alimentation en milieu urbain. Des chercheurs du CNRS ont mené une étude en Poitou-Charentes démontrant que les moineaux des villes seraient plus petits mais aussi plus gras que ceux vivant à la campagne. Cela suggère que les moineaux urbains auraient une alimentation trop riche. Pour se développer, les oisillons ont besoin de protéines, ils se nourrissent alors principalement d’insectes. En ville, cette ressource est difficile à trouver, les moineaux auraient alors une alimentation issue principalement de l’activité humaine et donc plus grasse.

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© pixabay

Conseils pour favoriser le moineau :

  • Supprimez l’utilisation de produits chimiques pour entretenir votre jardin
  • Nourrissez le moineau en période hivernale. Il raffole des graines de tournesol, blé, orge ou encore de maïs concassé.
  • Privilégiez la présence d’insectes au jardin par le semis d’une prairie fleurie naturelle, la plantation d’espèces d’arbustes et de vivaces nectarifères, en laissant un coin de votre jardin au naturel ou encore en y installant des hôtels à insectes et autres abris pour la faune.
  • Favorisez les sites de nidification (toutes sortes de cavités : trou dans un arbre, un mur, sous une poutre etc.)
  • Plantez des espèces d’arbustes et d’arbres caduques, d’origine locale sur lesquelles peuvent se développer toutes sortes d’insectes très consommés par les oisillons
  • Fabriquez-leur des nichoirs collectifs

Références bibliographiques :

ALBOUY, Vincent. Les oiseaux du jardin. Flammarion, 2007, 127p.

JIGUET, Frédéric. 100 oiseaux des parcs et des jardins. Paris : Delachaux et Niestlé, 2012, 191p.

MAILLARD, Agnès. Déclin du moineau domestique. Disponible sur : http://www.ethologie.info/revue/spip.php?article41 (Consulté le 22/11/16)

Birdlife. Oiseau de l’année 2015 : moineau domestique. Disponible sur : http://www.birdlife.ch/fr/content/oiseau-de-lannee-2015-moineau-domestique (Consulté le 22/11/16)

ACHRAFI, Soraya. Le moineau des villes victime de la malbouffe. Disponible sur : http://www.sciencesetavenir.fr/animaux/oiseaux/le-moineau-des-villes-victime-de-la-malbouffe_102497   (Consutlé le 23/11/16)

COLLIN, Didier, Moineau domestique. Disponible sur : http://www.oiseaux.net/oiseaux/moineau.domestique.html   (Consulté le 21/11/16)

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