S'informer : La biodiversité des jardins

Animaux, plantes et habitats font la richesse de votre jardin et participent à son équilibre et à son esthétisme. Cette rubrique vous permet de mieux connaître cette biodiversité et vous donnera des conseils pour l’accueillir dans votre jardin !

Les pucerons

Comment cohabiter avec eux ?

Les pucerons sont sur tous les fronts, parfois au plus grand malheur des jardiniers. Découvrez que cette « famille nombreuse » a aussi son rôle à jouer dans le jardin et essayez des gestes simples pour mieux cohabiter avec elle…

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© S. Dourlot / Biosphoto

Pourquoi s’intéresser aux pucerons ?

Les pucerons sont rarement isolés, et c’est bien ce qui nous pose problème ! A l’arrivée du printemps, ils n’ont qu’un objectif, celui de se reproduire le plus vite possible. Le nombre fait la force de ces petits insectes sans défense ! Or les dégâts causés par ces envahisseurs sont parfois fort dérangeants pour le jardinier.

En effet, les pucerons sont presque toujours présents au jardin. Mais cela rend aussi bien service à leurs nombreux prédateurs qui trouveront de quoi satisfaire leurs besoins alimentaires. Les pucerons permettent ainsi de nourrir de nombreux auxiliaires du jardin : alors que les araignées attrapent en plein vol les pucerons ailés, d’autres comme les coccinelles, les chrysopes, les larves de syrphes et les perce-oreilles se goinfrent de ceux qui sont dépourvus d’ailes, sur les feuilles ou les tiges des plantes… Sans compter les nombreuses attaques de parasitoïdes qui pondent leurs œufs dans le corps des pucerons laissant ces derniers pour mort !
De ce fait, les pucerons sont passés « maitres » en matière de reproduction. Si les populations disparaissent sous l’action de traitements chimiques, cela n’est que provisoire car les pucerons ont plus d’un tour dans leur sac ! Mieux vaut préférer l’action certes moins radicale mais plus durable des nombreux auxiliaires du jardin et profiter encore du savoureux « miel de sapin » issu du miellat de pucerons récolté par les abeilles…

Qui sont-ils ?

Il existe presque autant d’espèces de pucerons que de plantes : vert, noir, orange, rose, rouge, blanc, jaune ou encore bleu, tout l’arc-en-ciel y passe ! Ces « mal-aimés »  se nourrissent en aspirant la sève sucrée des végétaux. Cette action peut causer des dégâts importants aux plantes si les pucerons sont en trop grand nombre. Car en plus d’affaiblir la plante, ils peuvent lui transmettre des champignons (« fumagines ») ou des virus (on repère alors les feuilles toutes recroquevillées). Les pucerons se retrouvent toujours en colonie, à la base des fleurs ou le long des jeunes rameaux. Grâce à un système de reproduction particulier (appelé « parthénogenèse »), les femelles pucerons n’ont pas forcément besoin des mâles pour se multiplier ! Voilà donc pourquoi les colonies peuvent grandir si vite ! Et pour disséminer l’espèce, certains pucerons sont ailés, et volent à la recherche de nombreux autres territoires !

Plusieurs milliards !

C’est le nombre total de descendants qu’une femelle puceron peut engendrer au cours de sa vie. Heureusement que leurs prédateurs sont voraces !

Comment cohabiter avec les pucerons ?

* Favorisez toute l’année les prédateurs des pucerons. Coccinelles, chrysopes, perce-oreilles, syrphes, punaises, parasitoïdes, oiseaux et bien d’autres limiteront efficacement la pullulation de ces envahisseurs si vous leur en laissez l’occasion… En savoir plus ? N’hésitez pas à lire les fiches correspondant à tous ces auxiliaires !
* Pulvérisez vos plantes de purin d’ortie pour repousser naturellement les pucerons. Vous pouvez faire de même avec un purin de menthe poivrée, de sureau ou de fougère. Pour en savoir plus, vous pouvez lire les fiches relatives à tous les purins !
* Entourez vos plantes à risque de plantes rebutantes pour les pucerons comme le sureau, la rhubarbe ou la tanaisie. Cela marche aussi si vous répandez les fleurs, fruits, feuilles ou tiges de ces plantes au pied des cultures à protéger.
* A l’inverse, n’hésitez pas aussi à planter des végétaux attirant particulièrement ces gourmands : les plantes sauvages spontanées comme l’ortie ou le séneçon attirent naturellement les pucerons donc laissez au moins un coin en friche dans votre jardin. La capucine est également une cible appréciée. Les pucerons laisseront ainsi de côté vos autres cultures et plantations et leurs prédateurs ne tarderont pas à les dévorer.
* Limitez l’utilisation des engrais car cela déséquilibre la composition de la sève, favorisant le développement des pucerons.
* Placez sur le tronc de vos arbres à risque des « colliers anti-fourmis » préventifs et biologiques. Vous limiterez ainsi l’élevage des pucerons par les fourmis. Attention : ne bannissez pas les fourmis de tous vos arbres ! Elles n’élèvent pas toujours les pucerons et en tant que prédatrices de nombreux insectes, elles sont aussi de vraies alliées du jardinier.

L’anecdote

Les fourmis sont de véritables baby-sitters pour les pucerons ! Pour se régaler du miellat sucré que sécrètent les pucerons, elles ne lésinent pas sur les caresses et se chargent d’expulser les éventuels intrus. Les fourmis ne sont vraiment pas prêteuses…

Notes et références

Bibliographie

Pucerons, Mildiou, Limaces… Prévenir, identifier, soigner bio, J.P. Thorez. Edition terre vivante, 2008

Liens internets

Dévoreuses de pucerons, article de Gilles Carcassès, Nature en ville à Cergy-Pontoise

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