S'informer : La biodiversité des jardins

Animaux, plantes et habitats font la richesse de votre jardin et participent à son équilibre et à son esthétisme. Cette rubrique vous permet de mieux connaître cette biodiversité et vous donnera des conseils pour l’accueillir dans votre jardin !

La Grenouille rousse

Une petite colorée, discrète mais à la langue bien pendue !

La Grenouille rousse est une espèce présente partout en Europe mais malheureusement menacée par la pollution de notre environnement. Découvrez comment entretenir votre jardin pour mieux l’accueillir.

Une petite colorée, discrète mais à la langue bien pendue !

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© M. Loup / Biosphoto

Pourquoi s’intéresser à la grenouille rousse ?

Les grenouilles sont fort appréciées des grands et des petits : inoffensives et parfois colorées, elles sont également amusantes avec leurs chants et leurs bonds athlétiques ! La Grenouille rousse fait partie de celles que l’on peut observer dans son jardin de jour comme de nuit. Elle y tient un rôle très utile. Dans ce terrain de chasse, elle se nourrit en effet de limaces, d’escargots, de vers, de cloportes, d’araignées et de toutes sortes d’insectes même volants, grâce à son coup de langue fort rapide. Même les guêpes et les frelons ne lui font pas peur ! Elle participe ainsi fortement au bon équilibre de votre potager en régulant notamment les populations de ravageurs.

Astuce !

Les larves de grenouilles, appelées « têtards », respirent dans l’eau grâce à des branchies comme les poissons. Au cours de leur métamorphose, celles-ci acquièrent, à la place des branchies, des poumons qui leur permettent de vivre à l’air libre !

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© F. Pawlowski / Biosphoto

Parce qu’elle est malheureusement victime du trafic routier et de la dégradation de son habitat dû aux activités humaines, la Grenouille rousse, qui est légalement protégée en France, mérite toute notre attention. Lors de la ponte,plusieurs milliers d’œufs sont déposés dans l’eau stagnante. Ainsi, jusqu’au stade du têtard, la Grenouille rousse permet de nourrir d’autres espèces animales importantes de notre écosystème comme de nombreux poissons, les tritons, les dytiques et d’autres insectes d’eau comme les notonectes et les libellules. A l’âge adulte, elle fait notamment le régal des couleuvres, des hérons, des visons et des putois. La disparition de la Grenouille rousse met donc en péril la biodiversité française !

100 000 !

C’est le nombre de Grenouilles rousses adultes qui sont chassées illégalement chaque année pour leurs cuisses appétissantes. Malgré les mesures de protection dont elles font l’objet, nombreux sont encore ceux qui exercent ce braconnage même en France et c’est une grave menace pour l’espèce.

Qui est-elle ?

La Grenouille rousse (Rana temporaria) peut mesurer jusqu’à 10 cm de long et possède de longues pattes postérieures zébrées grâce auxquelles elle peut se déplacer en sautant. Contrairement aux crapauds, sa peau est lisse et elle se distingue notamment des autres grenouilles par une large zone sombre derrière les yeux incluant les tympans. Elle est décorée de motifs plus ou moins foncés sur fond variant du gris-brun au vert-olive, en passant par le jaune ou le rouge brique.

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© D. Bringard / Biosphoto

Essentiellement terrestre en dehors de la période de reproduction, elle habite tout aussi bien des milieux ouverts que forestiers. Si les conditions lui sont favorables, on la trouve dans les zones fraîches et humides de nos jardins, comme dans les potagers arrosés, les herbes denses et hautes et sous la haie ou le bosquet. Dès janvier, à la saison de reproduction, les Grenouilles rousses rejoignent les mares, les étangs, ou simplement les ornières ou les fossés pour assurer leur descendance avant d’hiberner dans la vase, une friche ou un tas de compost. Lors de l’accouplement, les femelles pondent sous la forme d’amas flottants des œufs dans l’eau par milliers qui deviennent ensuite des têtards friands des algues. On peut observer ces derniers à partir de février et jusqu’en mai. La Grenouille rousse qui apparait ensuite peut vivre jusqu’à 10 ans !

Comment favoriser les grenouilles rousses dans votre jardin ?

  • Ne chassez pas la grenouille pour en manger les cuisses. Cette gourmandise ne vaut pas la peine de perdre cette princesse des eaux…
  • Pour attirer ce petit amphibien dans votre jardin, vous pouvez créer et entretenir des points d’eau peu profonds. Lorsque de tels sites sont nouvellement créés, les grenouilles les colonisent en général assez rapidement et s’y réfugient en cas de sècheresse. Attention tout de même aux rebords trop hauts ! La grenouille est à l’aise dans l’eau, mais si elle ne peut pas sortir, elle panique, nage jusqu’à épuisement et se noie. Mettez éventuellement en place une petite échelle de secours dans le bassin !
  • L’emploi de pesticides et d’engrais est bien sûr très nocif pour ces petits individus. Le mieux est bien sûr de suspendre complètement l’emploi de ces substances aux niveaux des points d’eau mais aussi sur les trajets de migration des grenouilles. Une des causes importantes de mortalité de la Grenouille rousse est l’intoxication par les pesticides : par exemple, en mangeant des limaces, elles-mêmes empoisonnées par les anti-limaces, la grenouille en est victime à son tour. Evitez de traiter votre jardin et découvrez de nouvelles manières de lutter contre les «nuisibles».
  • De nombreux projets de « crapauducs » voient le jour. Ce sont des aménagements qui permettent de faire traverser sans danger de nombreux amphibiens de part et d’autre d’une route au moment où ils rejoignent ou quittent les étendues d’eau pour se reproduire. Renseignez-vous dans votre région pour aider à participer à ces sauvetages saisonniers !
  • La Grenouille taureau (Rana catesbeiana) est une espèce introduite en France, envahissante et qui menace donc dangereusement toutes les populations d’amphibiens en les concurrençant. Pour éviter que les dégâts écologiques ne s’aggravent encore, renseignez-vous et agissez grâce à la fiche qui lui est dédiée.

 Notes et références

Bibliographie

Guide des amphibiens et reptiles d’Europe, Gilbert Matz et Denise Weber, Delachaux et Niestlé, 2002

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