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Retrouvez toutes les actus des Jardins de Noé pour tout savoir sur la biodiversité des jardins au fil du temps et connaître les évènements à ne pas manquer.

Oui, il est possible d’allier biodiversité & esthétisme au jardin !

Deux des Jardins Remarquables du réseau des Jardins de Noé témoignent !

Avec plus de 4200 jardins, le réseau des « Jardins de Noé », créé par l’association Noé, rassemble des jardiniers amateurs passionnés et convaincus que le jardin peut être un lieu d’accueil privilégié de la biodiversité.

Aujourd’hui, nous constatons une prise de conscience sur l’enjeu des jardins dans la préservation de la biodiversité accompagnée d’un enthousiasme et d’un intérêt de plus en plus marqué pour les jardins naturels tant chez les amateurs que chez les professionnels.

De fait, une nouvelle tendance apparait depuis quelques années dans les Parcs et Jardins attenants à un bâtiment classé : la notion de préservation du patrimoine est sortie des murs. De plus en plus de propriétaires et gestionnaires souhaitent aller au delà du bâti et préservent aujourd’hui également le patrimoine naturel attenant. Et il n’y a que les méthodes naturelles qui permettent cela. On peut tout à fait faire un beau jardin en adoptant des méthodes écologiques.

Et nous avons maintenant la chance de trouver des Jardins Remarquables dans notre réseau, ce qui prouve bien que nous pouvons allier biodiversité & esthétisme dans les jardins qui accueillent du public ! Le label Jardins Remarquables est en effet attribué par le Ministère de la Culture qui distingue les jardins et des parcs, présentant un intérêt culturel, esthétique, historique ou botanique, qu’ils soient publics ou privés.

Parmi eux, le Parc du Château de Chantilly et son jardinier en chef, Monsieur Thierry Basset qui nous parle de la préservation des berges des bassins du parc :

« L’élégance d’un jardin historique peut s’appuyer sur la Biodiversité par de simples gestes, pour exemple je ne citerais que la préservation des berges en pierre de taille.

Qui faute de diminution des budgets de restauration ou de fonctionnement ne se font pas systématiquement.

Pour protéger les berges empierrées, nous laissons pousser une bande de graminées et de vivaces sur une largeur d’1.50 m, qui retiennent les pierres par leurs racines.

Au-delà de la frontière végétale pour le visiteur que suggère cette bande à l’approche de l’eau et des éboulements de pierre, elle crée un écosystème où fleurs et insectes cohabitent à nouveau. »

Ou encore, l’Arboretum du Château de Neuvic en Corrèze ; parc agricole et paysager de plus de 6 ha, créé au début du XIXème, labellisé également « Arbre Remarquable de France » notamment grâce de la présence d’un séquoia et d’un tulipier de Virginie parmi les plus imposants de France. Il rassemble paysages romantiques à l’anglaise avec pièce d’eau, volière, vallonnements et bosquets, points de vues et perspectives.

Arboretum du Chateau de Neuvic (© Béatrix d’Ussel)

Découvrez ci-dessous le témoignage de sa propriétaire, Béatrix d’Ussel qui a accepté de répondre à la question suivante : Quel lien faites vous entre Jardin remarquable et préservation de la biodiversité ?

« Avoir un jardin remarquable suppose, outre le fait que le jardin soit beau du fait de sa composition, de la rareté des végétaux qui y sont installés ou de leur caractère remarquable si ce sont des arbres, une qualité d’entretien optimale.

Comment obtenir cet entretien avec des méthodes complètement naturelles ? Les allées gravillonnées ou sablées peuvent vite être un problème : gare au pissenlit qui sournoisement envoie ces graines à tout vent ou au trèfle qui gagne du terrain partout où il peut et ne parlons pas des graminées qui viennent mettre une petite touche verte là où il ne faut pas !

Il y a heureusement bien des procédés que l’on peut utiliser et des modes de fonctionnement différents à acquérir.

Dans le parc, les allées sont en herbe et tondues pendant toute la saison de visite.

Les prés sont fauchés 2 fois par an : une première fois après les « Rendez-vous aux jardins » début juin puis en fin de saison pour le regain. Ainsi les fleurs des champs ont le temps de fleurir et de nourrir toutes sortes d’insectes et papillons. Pour les allées gravillonnées autour de la maison, une bonne couche de gravier ralentit l’installation des mauvaises herbes. Ensuite dès le printemps on désherbe à la main ou à l’eau bouillante ou encore avec une solution vinaigrée. Puis on ne laisse jamais une zone s’encombrer. Le résultat est là en fin d’été, tout est « propre ». Il faut reconnaître que cela demande d’être plus persévérant que la mauvaise herbe mais on y arrive !

Toujours pour l’entretien, les engrais sont naturels, fumier principalement, engrais vert dans le potager après les cultures de légumes, les orties permettent de faire du purin d’orties, tout produit chimique est banni. Seuls sont permis les produits utilisables en agriculture biologique.

Les massifs sont paillés avec le broyat, feuillu ou résineux, fabriqué chaque année avec les branches ou arbres coupés en fonction des besoins des plantes. Cela économise des heures de jardinage, diminue l’arrosage, garde le pied des arbustes propre, évite que la débroussailleuse n’abîme l’écorce des arbres.

Tous les végétaux coupés sont transformés en compost ainsi que les déchets ménagers et font un très bon terreau pour amender la terre.

Dans le parc, on plante des arbres ou arbustes qui produisent des baies pour nourrir les petits oiseaux et certains vieux arbres sont conservés pour leur permettre de faire leur nid.

Finalement la conclusion est qu’avec du bon sens, un peu de bonne volonté et à condition de ne jamais se laisser déborder par la nature, il est possible d’avoir un beau jardin sans trop de difficulté. »

Venez découvrir ce jardin et le Domaine de Chantilly à l’occasion des Journées du Patrimoine !

 

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