S'informer : Les Conseils de Noé

Ces fiches conseils expliquent l’intérêt des 10 gestes de la Charte des Jardins de Noé et comment les mettre en pratique.

L’aquaponie, où rien ne se perd et tout se transforme

L’aquaponie concentre les deux mots aquaculture (élevage de poissons) et hydroponie (culture hors sol). Si vous n’avez jamais entendu parler de ce système, sachez qu’il existe pourtant depuis la nuit des temps, ou tout du moins depuis l’époque des mayas et aztèques !

L’aquaponie utilisée par les mayas

Qu’est-ce que c’est ?

D’abord et avant tout un dispositif ingénieux fonctionnant en circuit fermé où le seul apport est celui de la nourriture pour poisson. Il s’agit d’un système rassemblant deux parties liées entre elles : d’une part un bassin contenant des poissons d’eau douce (comme les truites) et d’autre part un bac de plantes dont les racines sont immergées dans l’eau.

Le circuit de la matière s’exécute comme suit : Les déjections des poissons et l’eau souillée sont amenées par un système de pompe dans le bac à plantes. Durant cette étape, l’eau passe au travers d’un biofiltre contenant des bactéries décomposant la matière organique et la rendant assimilable pour les plantes. Les composés tel que l’azote et normalement limitants pour la croissance des plantes se retrouvent donc en quantité dans l’eau. Les fruits et légumes n’ont alors qu’à se servir. L’avantage ? L’eau se dépollue et est directement relarguée dans l’eau de poissons.

Schéma du fonctionnement de l’aquaponie

Si dans la théorie, ce système semble facile à mettre en œuvre, il est nécessaire de garder un œil sur la qualité de l’eau du bac à poissons. Ainsi, la vérification du pH, de l’ammonium, des nitrates sont indispensables à la bonne santé des poissons, ainsi que le nettoyage des filtres. La nourriture fournie est également très importante : en effet, des granules classiques extrêmement riches ou contenant des OGM impacteront la qualité des légumes produits, sans parler des anti-algues, pesticides ou fongicides pouvant amener à la destruction complète des plantes : pas de produits phytosanitaires ou phytopharmaceutiques !

Vous l’aurez compris, l’aquaponie fait appel à des procédés naturels où tout apport d’éléments de synthèse peut devenir néfaste et amener à un déséquilibre du micro-écosystème. Comme quoi, la nature n’a vraiment pas besoin d’aide pour bien fonctionner !

Une panacée pour la protection des ressources

Et les avantages dans tout ça ? Ils sont faciles à deviner. Si les poissons sont correctement nourris, aux granules biologiques (attention aux étiquetages !) ou encore mieux aux limaces (l’occasion d’en limiter la présence au jardin) et criquets, il sera possible de les consommer en tout sérénité. Quant aux plantes, il a été prouvé qu’elles poussaient en moyenne 3 fois plus vite qu’en pleine terre, avec des rendements jusqu’à 10 fois supérieurs à la culture classique ! L’aquaponie consomme de plus, peu d’électricité (pompe) et il est possible d’installer un panneau solaire pour le rendre complètement autonome.

(Source : FLPA John Eveson / Biosphoto)

Pour la biodiversité, c’est un bienfait essentiel lorsque l’on déplore les pollutions liées à l’aquaculture (enrichissement des eaux, maladies, libération de substances pharmaceutiques, etc.). Mais ce n’est pas tout ! L’aquaponie utilise jusqu’à 80% moins d’eau qu’en agriculture classique, l’eau en circulation étant toujours la même. Sa production peut se faire sur des toits… utile lorsqu’aujourd’hui, plus de 54% de la population mondiale vit en milieu urbain. La consommation de poissons d’élevage permet également un renouvellement des stocks de poissons sauvages, une diminution considérable des frais de transports du fait de la possibilité de produire à proximité des habitations, la réduction de l’érosion et de la pollution des sols… Et si la question des poissons d’eau de mer se pose, sachez que la production est applicable en remplaçant les laitues par des algues comestibles ou valorisables (et le marché est là aussi en pleine expansion). Bienvenue dans l’ère de l’aquaculture écologique !

Et les défauts ? Mis à part le coût d’achats des matériaux (panneau solaire, électricité, plomberie) et la mise en place pas forcément évidente impliquant d’autant plus eau et électricité, il est simplement d’usage de contrôler l’état de l’eau et supprimer les éventuelles algues (en baissant le taux de nitrates et diminuant la lumière directe et donc la chaleur).

Si vous avez ou utilisez déjà ce type de système, n’hésitez pas à nous en faire part !

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