S'informer : La biodiversité des jardins

Animaux, plantes et habitats font la richesse de votre jardin et participent à son équilibre et à son esthétisme. Cette rubrique vous permet de mieux connaître cette biodiversité et vous donnera des conseils pour l’accueillir dans votre jardin !

La huppe fasciée, la « Bout’bout » de nos jardins

La huppe fasciée est un oiseau migrateur qui hiverne en Afrique. Cet oiseau reconnaissable à son plumage, sa morphologie et son chant revient en Europe pendant sa période de nidification. On le rencontre dans les espaces ouvert et ensoleillé, jardins, champs et prairies entre le mois de mai et aout. Allié naturel, il aide le jardinier et l’agriculteur dans la lutte naturelle des ravageurs au jardin.

(Source : Alberto Ghizzi Panizza / Biosphoto)

Un oiseau aux couleurs d’Automne

La huppe fasciée (Upupa epops) est un oiseau de la taille du Geai des chênes (Garrulus glandarius). On peut difficilement confondre cet oiseau avec un autre tant ces spécificités physiques en font un oiseau hors du commun. Son corps est recouvert de couleurs variés. Sa tête, sa poitrine et la partie antérieure de son manteau sont de couleur sable orangé. Tandis que le bas de son dos, ses ailes et sa queue sont rayés de noir et blanc. Elle doit son nom à sa grande huppe érectile rousse aux pointes noirs qui se dresse lorsqu’elle se pose sur un tronc ou au sol ainsi que pour faire fuir également un éventuel prédateur. Elle possède un bec noir long de 5 à 6cm et légèrement arqué.

Le saviez-vous ?

Comme les moineaux et les hirondelles, la huppe fasciée « se baigne » dans la poussière et non dans l’eau afin de se débarrasser des parasites (acariens, champignons microscopiques…)

Un oiseau des champs, un oiseau des villes

En vol, ses battements d’ailes ressemblent à ceux d’un papillon : puissant, lent, ondulant. On l’observe d’ailleurs le plus souvent dans les airs car au sol elle est quasiment insaisissable et assez craintive. Pour l’apercevoir, il faut tendre l’oreille. Son chant composé de trois à quatre syllabes, s’entend de très loin. « Houp-houp-houp », ces trois notes sont à l’origine de son nom latin Upupa. Ce chant est très important durant la période prénuptiale, il traduit l’état physique du mâle et ses capacités à défendre la femelle et le nid.

D’ailleurs, les femelles accouplés avec des mâles à chant long ont un meilleur succès de reproduction que les autres.

La huppe fasciée est une habituée des grands espaces, de prairies pâturées, vignes, pelouses en marge des cultures, des zones forestières et agricoles. On dit que c’est une espèce qui fait preuve anthropophilie, c’est-à-dire qu’elle fréquente aussi les zones résidentielles et péri-urbaines pour sa nidification.

(Source : Mario Cea Sanchez / Biosphoto)

Un oiseau rare

La huppe fasciée fréquente le sud de l’Europe. Cet oiseau migrateur hiverne en Afrique subsaharienne entre octobre et février. Les derniers individus à rejoindre la France s’installent dans les cavités naturelles des arbres, ou dans les fissures d’un mur ou d’une roche durant les premières semaines d’avril.

En France, la population était estimée en 2000, entre 30 000 et 50 000 couples mais la tendance d’évolution de la population est défavorable et l’espèce est considéré « en Déclin » sur le territoire national. Les suivis réalisés dans le programme STOC national sur la période 1989-2003 indique un déclin de 56% en 15ans.

Ce déclin s’explique par la disparition des haies et des prairies au profit de la céréaliculture intensive, l’utilisation de pesticides, la déforestation au profit de l’agriculture intensive et de la construction ferroviaire et routière, la rénovation des bâtiments se traduisant par la disparition des anfractuosités des murs.

Un allié discret au jardin

Au jardin, la huppe fasciée est un allié pour le jardinier car elle recherche sa nourriture au sol. Son régime alimentaire se compose essentiellement d’arthropodes. Grâce à son bec, qu’elle plonge par à-coup, elle peut capturer de gros insectes, comme des sauterelles, des criquets, papillons, mouches, araignées, limaces et aussi larves de coléoptères. Elle cherche également dans les cavités des arbres, des larves qu’elle ramène à sa progéniture. Sa technique de chasse se fait de manière saccadée, interrompue de haltes afin de repérer visuellement et auditivement les lieux et ses futures proies. L’oiseau participe ainsi à la régulation naturelle des ravageurs.

A titre d’exemple, la chenille processionnaire du pin est un met de choix pour la huppe fasciée.

(Source : Pierre Vernay / Biosphoto)

Bibliographie :

  1. INPN. Cahiers d’Habitait « Oiseaux » MEEDDAT – MNHN – Fiche projet. Huppe fasciée, Upupa epops (Linnée, 1758))
  2. ARLETTAZ, R. (1984).- Ecologie d’une population de Huppes, Upupa e. epops, en Valais : répartition spatiale, biotopes et sites de nidification. Nos Oiseaux 37(5): 197-222.
  3. FOURNIER, J. (1992).- La Huppe fasciée en Valais. Info-Nature 33: np.
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