S'informer : La biodiversité des jardins

Animaux, plantes et habitats font la richesse de votre jardin et participent à son équilibre et à son esthétisme. Cette rubrique vous permet de mieux connaître cette biodiversité et vous donnera des conseils pour l’accueillir dans votre jardin !

Comment aider la biodiversité en hiver ?

Comment aider la faune à passer la mauvaise saison ?

Conserver la chaleur du sol pour les petites bêtes enfouies

Pour aider les auxiliaires de jardin à faire face à cette période de l’année assez rude, rien de bien compliqué ! Par exemple, les vers de terre s’enfouissent très profondément dans la terre mais remontent parfois pour trouver de la matière organique qu’ils transforment ensuite en humus. En disposant des débris de végétaux, de paillages ou même en installant un compost, vous permettrez de ralentir le gel sur le sol et ainsi préserver la chaleur pour tous les petits micro-organismes du sol et leur fournir également de la nourriture à volonté pendant toute la période de grand froid. Pour les espèces rampantes comme les cloportes ou la pédofaune, vous pouvez aménager des petits tas de brindilles, de feuilles mortes ça et là dans le jardin mais également des pots retournés remplis de paille qui pourront servir de lit douillet pour les perce-oreilles et les chrysopes qui vous débarrasseront des cochenilles et des aleurodes. Pour les plus gros insectes, vous pouvez installer un hôtel à insectes mais en évitant ceux avec plusieurs compartiments car cela pourrait attirer à la fois, les prédateurs et les proies ce qui n’est pas une bonne idée surtout en cette période où les animaux sont d’autant plus vulnérables. Privilégiez ainsi des petites boites avec que des pommes de pin, du paillage, des briques trouées, une buche trouée ce qui attirera les coccinelles, les papillons, les guêpes ou les abeilles.

Le gîte et le couvert pour tous !

Grosbec casse-noyaux sur une mangeoire dans le Vaucluse © Pierre Huguet-Dubief / Biosphoto

Dans un autre coin du jardin, disposez par exemple un tas de bois, des branches d’arbres ou un tas de feuilles morte pour fournir un abri aux hérissons. Avant l’arrivée du froid, ceux-ci constituent leurs réserves de nourriture constituée de graines et de fruits mais ne trouvent parfois pas d’abris suffisamment isolés. Un gite assez isolé des regards (et des prédateurs !) ne serait pas de refus pour ce petit hibernant. D’ailleurs, si vous voyez un animal hibernant, ne le réveillez surtout pas ! Le stress provoqué par un réveil soudain pendant l’hibernation entraine une forte utilisation et donc une diminution de la réserve de graisse de l’animal qui peut entraine la mort. Si par contre à l’inverse, vous voyez un hérisson éveillé dans votre jardin durant l’hiver, il doit sûrement s’agir d’un jeune n’ayant pas fait assez de réserves de nourriture. Il n’est en effet pas rare de voir certains jeunes hérissons mourant de froid ou de faim car ils n’ont pas réussi à amasser assez de masse graisseuse avant leur entrée en hibernation. Cela arrive souvent à des jeunes dont les parents sont entrés en hibernation avant eux, les laissant se débrouiller seuls : on les appelle les orphelins d’automne. Offrez-lui donc de quoi se nourrir comme un mélange de graines ou des croquettes pour chien ou chat afin qu’il prenne des forces et aménagez-lui une petite maisonnette dans une caisse en bois ou une boite que vous aurez fabriqué vous-même puis placez-la dans votre jardin bien loin des regards. Vérifiez enfin que votre petit protégé puisse entrer et sortir de votre jardin à sa guise.

Les deux périodes de l’années particulièrement critiques pour les oiseaux sont les chaudes journées estivales et les périodes de gel hivernales. Les oiseaux sont particulièrement touchés par le froid. La température ne leur porte pas particulièrement préjudice mais plutôt la difficulté à trouver de quoi se nourrir et se déshydrater.  En hiver, un oiseau peut perdre jusqu’à 10% de son poids au cours d’une seule nuit donc un trop faible apport de matière grasse ce qui pourrait amener au pire. Disposer des mangeoires leur permet de se constituer de solides réserves de nourriture tout au long de l’hiver. Variez les plaisirs en mélangeant par exemple des graines de tournesol, de pavot, de mais concassé, des cacahuètes, des petits morceaux d’amandes voire parfois des fruits comme les pommes. Mais évitez les boules de graisse de magasins qui sont trop grasses, un mélange fait-maison sera bien plus adapté et tout aussi économique ! Pour l’emplacement, optez pour des mangeoires en hauteurs et bien éloignées les unes des autres pour éviter les conflits. Privilégiez également les endroits dégagés loin des vitres, des murs, des buissons, des branchages et de prédateurs et n’oubliez pas non plus les oiseaux qui se nourrissent au sol : disposez quelques graines aux sols au pied des arbres et des buissons. Pour ce qui est de l’eau en hiver, les oiseaux peuvent rapidement souffrir de déshydratation s’ils ne trouvent pas de point d’eau. Le gel peut en effet rendre inaccessible les points d’eau. D’autant plus que les oiseaux ne viennent pas uniquement pour s’y abreuver mais également pour se rafraichir et nettoyer leur plumage. En hiver, surtout quand vous observez plusieurs jours de gel, disposez de petites coupelles remplies d’eau et disposez une pierre au centre pour éviter les coups de vent. Cela pourra également ralentir un peu le gel de l’eau mais vérifiez tout de même régulièrement que l’eau ne gèle pas et après quelques jours, changez là. Des bactéries et des microalgues peuvent se développer, y compris durant la mauvaise saison.

Un petit coup de pouce … ou de patte !

Hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus) hibernant dans un pot de fleur rempli de feuilles, © A. Mason

De même, avant de tailler vos massifs ou tondre, veillez à bien regarder si un animal n’a pas prévu d’y passer l’hiver. S’il est réveillé pendant cette période, recueillez-le et placez-le au chaud le plus rapidement possible : installez-le dans un carton avec de la nourriture et attendez quelques heures voire jours pour les plus petits le temps qu’il refasse ses réserves puis relâchez-le à l’endroit où vous l’avez trouvé.

N’oubliez pas que les animaux préféreront toujours se débrouiller par eux-mêmes mais malgré tout, il est possible de leur donner un petit coup de pouce. Plus vous laissez de place à la nature dans votre jardin, plus les animaux trouveront de quoi s’y ravitailler et s’y protéger. Cela ne concerne donc pas que la nourriture mais aussi les haies, les murs de lierre, les tas de bois, …

 

Faut-il arroser ses plantes en hiver ?

Economiser un maximum l’eau de pluie pour un minimum d’arrosage

On se demande souvent s’il faut arroser son potager en hiver. Effectivement vous pouvez arroser vos plantes mais attention, pas à n’importe comment et à n’importe quel moment de la journée. Pour minimiser les pertes en eau, vous pouvez arroser légèrement à la base des plantes de préférence en début d’après-midi : le moment où la majeure partie de l’eau sera absorbée avant de s’être évaporée. Mais durant les jours de gel, stoppez tout car si un fort coup de froid survient sur les plantes après un arrosage, leur résistance au froid peut être mise en difficulté. Il est également possible d’arroser un sol paillé car si le paillage conserve la chaleur du sol en surface, il garde aussi l’humidité plus en profondeur, au niveau des racines. L’apport de matières organiques comme le fumier, le compost, l’engrais ou le mulch, favorise la constitution d’un humus et jouent donc un rôle essentiel dans notre problématique d’économies en eau : l’humus du sol retient l’eau en été et fait office d’éponge en hiver. Ainsi, plus le sol sera riche en paillage et humus, plus les besoins en arrosage diminuent ce qui réduit considérablement les besoins d’arroser. Toutefois, si vous souhaitez tout de même apporter de l’eau sur votre sol paillé, veillez-à retirer le paillage avant. Sinon, la plante ne recevra que très peu d’eau contrairement au paillage. Le principe est d’arroser les plantes sous le paillage afin d’éviter les phénomènes d’évaporation, l’eau descendant directement aux racines sans avoir à traverser le paillage où elle sera en grande partie perdue.

Récupérer l’eau de pluie : pratique, économique et écologique !

Il existe divers moyens pour préserver les ressources en eau de nos jardins en hiver, période de l’année où on observe le plus de précipitations. Les moyens s’organisent autour de la récupération des eaux de pluie dans le but de les réutiliser notamment dans l’arrosage du potager. Plusieurs petits aménagements peuvent être réalisés et, sur le long terme, s’avérer très rentable sur le plan économique mais aussi écologique.

Oyat en terre cuite enterré, ©Y. Avril

Par exemple, les récupérateurs d’eaux pluviales des toits de maisons sont très pratiques. Sous forme de grandes cuves ou de tonneaux, fermés par des couvercles, ils permettent de stocker l’eau dans le but de la réutiliser par exemple lors des périodes de sécheresse. Mais attention, car en hiver ce genre d’installation peut aussi s’abimer pendant les périodes de gel. Il faut donc les vider avant les baisses importantes de températures. Si vous disposez de place, le mieux est de les protéger du froid par exemple dans le garage ou dans un cabanon. Pour éviter que les cuves ne se fissurent, il existe une autre alternative : les récupérateurs d’eau hors-sol. Ces derniers résistent bien mieux aux conditions parfois rudes de l’hiver. Enterré sous environ 40 centimètres sous terre, l’eau ne croupit pas et la structure ne se détériore pas sous l’effet du gel. Une autre alternative peut notamment convenir aux jardins plus petits. Le système des oyats est une méthode d’arrosage assez pratique en hiver. Ces jarres en argile remplies d’eau, vont progressivement laisser l’eau s’infiltrer dans la terre au niveau des racines des plantes. Elles sont donc bien plus efficaces car elles optimisent l’irrigation et limitent l’évaporation de l’eau. En hiver, pour éviter que l’eau ne gèle, vous pouvez soit les recouvrir avec des bouchons de liège ou un couvercle ou tout simplement boucher l’entrée avec du paillage. La diffusion de l’eau étant très lente, la terre reste humide sous le paillage et grâce à la porosité de la poterie, l’eau se diffuse sur un rayon d’environ un mètre ou plus autour du pot. Veillez toutefois à vérifier si elles sont régulièrement remplies par l’eau de pluie.

Investir dans du matériel d’irrigation est fort intéressant notamment pour réduire le temps passé au jardin et à son entretien notamment en hiver où les températures glaciales ne permettent parfois pas de rester bien longtemps dehors. Alors offrons aux plantes et aux animaux tout ce qu’ils leurs faut pour passer l’hiver le plus au chaud possible en attendant le retour des beaux jours !

 

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