S'informer : La biodiversité des jardins

Animaux, plantes et habitats font la richesse de votre jardin et participent à son équilibre et à son esthétisme. Cette rubrique vous permet de mieux connaître cette biodiversité et vous donnera des conseils pour l’accueillir dans votre jardin !

Le lierre grimpant

Il se faufile partout où il peut !

Le lierre, parfois dénommé à tort « bourreau des arbres », possède en réalité plus « d’un tour dans son feuillage » pour se mettre au service de la biodiversité. Découvrez quelles sont ses particularités et pourquoi il est si important de le favoriser dans nos jardins…

Il se faufile partout où il peut !

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© MG de Saint Venant / Biosphoto

Pourquoi s’intéresser au lierre ?

Contrairement aux idées reçues, le lierre est loin d’être un parasite : il n’utilise ses crampons que pour grimper et profiter de la lumière ! En couvrant les troncs des arbres ou les façades de maison, il est un isolant thermique efficace contre les intempéries. Il fournit également un bon compost lorsque ses feuilles se mettent à tomber au sol.

Astuce !

Le Citron (Gonepterix rhamni) hiberne camouflé dans les feuilles du lierre : il se fond dans le décor pour l’occasion et échappe ainsi à ses prédateurs !

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© D.Bringard / Biosphoto

Chalet d’hiver et fraîche tonnelle en été, le lierre pourrait aussi s’appeler « l’Auberge du Bon Accueil » pour la faune sauvage du jardin. En effet, son feuillage est confortable et ses fruits abondants à des périodes où de nombreux animaux sont un peu en manque d’abri et de provision. Le Vulcain, le Citron ou le Paon du jour, mais aussi des bourdons, des guêpes, ou des abeilles profitent de son nectar concentré et de son pollen à l’automne. Certains papillons nocturnes repus du précieux nectar mais malchanceux, sont un régal à l’aube pour les chauves-souris logées là, elles aussi… Le lierre est aussi une plante hôte pour beaucoup de papillons comme l’Argus à bandes noires. Moineaux, chouettes hulottes, étourneaux, geais, mésanges, pigeons et tourterelles savourent quant à eux les baies du lierre à la fin de l’hiver. Des insectes auxiliaires comme les punaises prédatrices, les syrphes, les coccinelles, les araignées, les chrysopes et les hémérobes se mettent à l’abri dans le feuillage persistant du lierre avant de dévorer les ravageurs éventuels au printemps ! Troglodytes mignons, merles, roitelets, grives ou encore rouges-gorges y abritent également leur nid, tout comme les loirs, les lérots, les musaraignes, les écureuils et les martres. Le lierre est une vraie arche de Noé !

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C’est le nombre d’année pendant lesquelles les feuilles de lierre peuvent persister. Celles-ci sont donc un abri garanti pour la faune du jardin, même pendant l’hiver !

En plus de ses qualités « d’aubergiste », le lierre est une plante dépolluante qui absorbe notamment le benzène présent dans l’atmosphère. Il est aussi utilisé pour couvrir le sol : il limite le développement dess plantes spontanées et permet de réduire votre consommation d’eau au jardin. Enfin, le purin de lierre est insectifuge et insecticide contre les aleurodes, acariens et pucerons. Ainsi, le lierre se fait couverture isotherme de l’arbre, engrais, refuge et garde-manger pour la faune sauvage, dépolluant, herbicide et insecticide naturel ! Pour « couronner » le tout, il décore merveilleusement nos jardins : quelle perte de l’arracher !

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© D.Bringard / Biosphoto

Qui suis-je ?

Le Lierre grimpant (Hedera helix) rampe sur le sol ou grimpe grâce à ses crampons sur tout type de support : d’un tronc d’arbre à un muret en passant par une clôture, la hauteur ne lui fait pas peur. Il peut atteindre 50m et vivre près de 4 siècles ! Le lierre se couvre de fleurs jaune-vert de septembre à octobre qui donnent de petites baies noires de mars à mai. Ces dernières sont toxiques pour l’homme même si elles sont très appréciées par la faune sauvage.

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© D.Delfino / Biosphoto

Comment favoriser le lierre dans votre jardin ?

* Si vous en avez dans votre jardin, ne l’arrachez pas et profitez durablement de ses nombreux avantages ! Veillez juste à le tailler pour qu’il n’étouffe pas les arbres ou qu’il n’atteigne pas votre toit : le lierre n’est embêtant que lorsqu’il soulève les tuiles ou tord les chéneaux des gouttières.
* Si vous n’avez pas de lierre dans votre jardin, vous pouvez cueillir des baies bien noires de mars à mai chez un voisin ou dans les bois. Semez-les dans la foulée à 1 ou 2cm de profondeur dans un godet.
* Si vous avez déjà des plants en godet, plantez-les au printemps en proportion de 1 à 3 par m². Aidez-vous pour cela de la fiche « planter une haie champêtre ».
* Créez également des boutures en plantant en septembre des pousses terminales de lierre dans du terreau. Vous pourrez ensuite les transplanter au printemps.
* Le lierre est apprécié pour sa capacité à verdoyer même dans les zones les plus sombres du jardin. Il se contente de peu d’eau pour croître et pousse sur des sols très variés. Il est idéal pour couvrir un talus ou une clôture, et pour combler une haie ou la base d’un arbre. Habillez également vos vieux murets avec le lierre : ils sont le refuge de tant d’animaux ! Limitez néanmoins le développement du lierre sur de très jeunes ou très vieux arbres et plus particulièrement les arbres fruitiers qui le tolèrent mal. Il vous suffit de surveiller et de tailler le lierre au début de l’été pour qu’il ne gène pas le développement des arbres. Evitez enfin de laisser le lierre sur les façades de maison où les pierres ne sont pas jointes, car le lierre pourrait les abîmer.

Notes et références

Bibliographie

Au royaume secret du lierre, Bernard Bertrand, Terran, 2005

Liens internets

Le meilleur resto des sentes de Pontoise, article de Gilles Carcassès, Nature en ville à Cergy-Pontoise
La Colette du lierre, abeille sauvage inféodée au lierre, article de Gilles Carcassès, Nature en ville à Cergy-Pontoise

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