Valorisons la biodiversité nocturne !

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Publié le 11/02/2026 | Mis à jour le 12/02/2026
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"Nuits de Noé", le programme cousin de "Jardins de Noé" se lance en 2026 dans un nouveau projet : "Valorisons la biodiversité nocturne". L'objectif de ce nouveau projet ? Accompagner les collectivités pour mettre en place des stratégie de lutte contre la pollution lumineuse qui durent dans le temps. En partenariat avec les EcoMaires, Noé sensibilisera et mobilisera les habitants des villes accompagnées par le projet pour montrer les richesses de la nuit et de ses habitants.

Trame noire, grand murin volant devant le village de Sisteron - Biosphoto

Un projet pour éclairer l'avenir de la biodiversité nocturne en ville

Les collectivités locales vont bénéficier d’un accompagnement sur mesure pour définir et déployer des stratégies efficaces contre la pollution lumineuse, au service de la biodiversité nocturne. Objectif : leur fournir des outils et des méthodes clés pour accélérer la mise en œuvre de ces politiques, tout en renforçant leur ancrage local et l’adhésion des habitants.

Ces derniers sont placés au cœur de la démarche. Sensibilisés et formés, ils deviennent à leur tour des ambassadeurs de la protection de la biodiversité nocturne, capables de mobiliser l’ensemble du territoire. Une approche participative qui permet également de mieux cerner les craintes liées à l’obscurité, souvent source d’insécurité perçue. Grâce à ces retours, les collectivités peuvent affiner leurs stratégies et faciliter l’adoption de pratiques vertueuses, comme l’extinction partielle ou totale de l’éclairage public.

Une initiative qui allie écologie et cohésion sociale, pour des nuits plus sombres… et plus riches en vie !

Quelles sont les prochaines étapes du projet ?

Février 2026 marque le coup d’envoi officiel du projet « Valorisons la biodiversité nocturne », avec un webinaire de lancement destiné aux équipes des deux collectivités partenaires sélectionnées en janvier. L’objectif ? Poser les bases d’une collaboration ambitieuse pour réduire la pollution lumineuse et valoriser la biodiversité nocturne.


Printemps 2026 : Diagnostic et mobilisation citoyenne

Dès le printemps, les équipes municipales seront plongées dans l’action :

  • Ateliers et réunions pour cerner leurs besoins et co-construire des plans d’action sur mesure (cartographie des leviers, recherche de financements, identification de labels, etc.).
  • Baromètre de la nuit : Une grande enquête auprès des habitants pour explorer leur relation à l’obscurité (perceptions, usages, connaissances de la biodiversité nocturne, acceptabilité des changements d’éclairage). Les résultats, à la fois qualitatifs et quantitatifs, guideront les politiques locales et les actions de sensibilisation.
  • Nouvel appel à candidatures : Si les financements le permettent, trois nouvelles collectivités pourront rejoindre l’aventure !

Été-automne 2026 : Financements et marchés publics

Les collectivités seront accompagnées dans la recherche de financements et la rédaction de marchés publics, une étape clé pour concrétiser leurs projets. Dès l’automne, les premiers plans d’action seront mis en œuvre, avec un suivi assuré jusqu’à fin 2027.


Hiver 2027 : Collaboration avec les associations locales

Un atelier participatif réunira les associations locales pour identifier et valoriser les initiatives existantes, accélérant ainsi leur impact sur le terrain.


Printemps 2027 : Sensibilisation et sciences participatives

Le projet prendra une nouvelle dimension avec :

  • Une campagne de sensibilisation dédiée à la biodiversité nocturne, combinant supports pédagogiques, événements grand public et outils numériques pour expliquer les choix d’éclairage (extinctions, modulations, rénovations).
  • Formation aux protocoles de sciences participatives : Le protocole Lépinoc, dédié au suivi des papillons de nuit, sera déployé dans les collectivités partenaires. Les résultats serviront à sensibiliser les habitants et à mesurer l’impact du projet.

Été 2027 : Les habitants deviennent acteurs

Un atelier collaboratif permettra aux habitants de définir les missions de sensibilisation qu’ils souhaitent porter, renforçant ainsi leur engagement.

Automne 2027 : Ces missions seront officiellement lancées, marquant une étape clé dans l’appropriation citoyenne du projet.


Hiver 2028 : Un guide pour inspirer d’autres territoires

Pour clore ce cycle, un guide technique sera publié, offrant à toutes les collectivités des clés pour mettre en œuvre des stratégies d’éclairage favorables à la biodiversité nocturne et mobiliser les citoyens.

Le programme « Nuits de Noé » s’apprête à écrire une nouvelle page de l’engagement écologique, en transformant nos nuits en espaces de vie préservés pour la biodiversité. Chaque étape, chaque atelier, chaque campagne sera l’occasion de faire briller les initiatives locales et de mobiliser toujours plus de citoyens. Nous vous donnerons régulièrement des nouvelles des avancées, des défis relevés et des succès partagés, pour que vous soyez aux premières loges de cette aventure collective.

Suivez-nous pour ne rien manquer des prochaines étapes, des témoignages inspirants et des résultats concrets ! Ensemble, faisons de la nuit un territoire de lumière… pour la biodiversité.

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Nouvelle reconnaissance “Jardins de Noé” : biodiversité et résilience

Le monde change, et nos jardins aussi.  Toujours articulée autour de 10 gestes, la Charte des ‘Jardins de Noé’ et le dossier de reconnaissance associé font peau neuve afin de mieux répondre aux défis climatiques et mieux protéger le vivant.  Que vous soyez un jardinier amateur passionné ou un gestionnaire d'espaces verts engagé, découvrez les 4 piliers de cette évolution pour transformer vos espaces en véritables refuges de vie. Jardin de Noé | Jérôme Lesage 1. La naturalité est mise à l'honneur Un jardin vivant est un jardin qui s’exprime avec une diversité de hauteurs et de couleurs, de belles floraisons et de fructifications généreuses... Nous nous éloignons du concept de "jardin propre" - souvent trop contraint et synonyme de désert biologique - pour privilégier le jardin sauvage et foisonnant, proposant davantage de refuges et de ressources alimentaires pour la faune.  La “gestion différenciée” apparaît donc comme un levier, permettant d’allier une gestion maîtrisée et une gestion plus naturelle, voire totalement en libre évolution afin de concilier les activités humaines aux activités du sauvage. Laisser des espaces au naturel Une zone refuge - ou une zone en libre évolution -  est un espace sanctuarisé : sans entretien ni fréquentation humaine. C’est l’endroit le plus propice au développement de la biodiversité, là où la nature peut s’exprimer librement. Pourtant, un jardin reste un lieu de vie : on s’y détend, on y joue, on  y cultive son potager. L’enjeu est donc de concilier les activités humaines avec le développement de la biodiversité.  Pour cela, adoptez une gestion souple : vous pouvez laisser se développer un coin plus naturel au jardin avec seulement 1 à 2 passages par an pour entretenir la végétation (tailler de manière douce les haies champêtres, faucher tardivement la prairie, etc).  A plus long terme, il sera intéressant d’espacer davantage vos passages d’entretien, car moins vous intervenez, plus vous offrez de chances à la biodiversité locale de s'épanouir durablement.  En laissant la nature s’exprimer de façon spontanée, et en laissant les processus écologiques se dérouler sans intervention humaine (ou presque), vous pratiquez la libre évolution. Cette pratique invite à changer de regard sur le vivant en plaçant l’humain dans un rôle de simple observateur de la nature et de ses dynamiques écologiques.  Allée tondue dans un jardin sauvage, Jardin de la Lande Chevrier| Frédéric Didillon - Biosphoto Si vous souhaitez en savoir plus :  Guide de l’UICN “ La libre évolution : une trajectoire de gestion des milieux naturels” Valoriser l'existant et les milieux naturels La végétation existante est souvent bien implantée et mature, les services écosystémiques fournis sont donc, en principe, significatifs. De plus, la faune locale a eu plusieurs années pour repérer et intégrer ces végétaux dans leurs cycles de vie (apport de nourriture, matériaux pour la construction de nids, etc.), il serait donc contre-productif de supprimer ces végétaux. Avec cette nouvelle Charte, Noé valorise davantage les actions globales visant à créer des milieux écologiques ou des aménagements naturels (mare, haie champêtre, etc.), plutôt que des abris artificiels comme les nichoirs, les gîtes à coccinelles, etc.   Dernier point sur la flore spontanée (celle qui s’invite d’elle-même dans votre jardin) : elle est bien souvent locale. En la laissant s’épanouir dans votre jardin, vous offrez à la faune locale une nourriture avec laquelle elle a co-évolué pendant des siècles. 2. Un geste n°2 valorisant l'ensemble des couverts prairiaux Il nous paraissait important ici d’élargir le geste n°2 à l’ensemble des prairies, et non plus uniquement les prairies fleuries.  Les prairies jouent un rôle écologique majeur, en constituant des puits de carbone et en abritant une riche biodiversité. En effet, elles offrent une grande diversité d’abris et de ressources alimentaires pour de nombreux animaux, et notamment les pollinisateurs sauvages.  Il existe différents types de prairies, avec des compositions végétales qui varient selon l’hygrométrie, la diversité des sols et des climats, etc. Par exemple, les prairies mésophiles peuvent s'installer sur des sols secs ou frais, tandis que les prairies hygrophiles se développent sur des sols très humides. Un espace enherbé qui n’est pas tondu va naturellement évoluer vers un espace prairial, en accueillant un nombre croissant de graminées et d’espèces apparentées à la prairie naturelle de votre région. L’esthétique de la prairie entre parfois en conflit avec les usages du site : la gestion différenciée prend alors tout son sens. L’espace prairial devra alors être clairement délimité et signalé, en tondant une bande d’un mètre de large sur ses contours par exemple, ou encore en installant un panneau de communication. Dans certains cas, des prairies fleuries peuvent constituer des transitions paysagères douces dans un jardin aux scènes et styles variés. Composée de nombreuses plantes mellifères, produisant du nectar et du pollen pour les pollinisateurs sauvages, elles offrent une floraison étalée de mars à septembre. Allée tondue dans une prairie de hautes herbes France | Biosphoto 3. Un jardin plus résilient face aux enjeux climatiques et écologiques En 2026, la Charte “Jardins de Noé” évolue pour répondre aux enjeux de la ville de demain.  Un “Jardin de Noé”, c’est un jardin résilient face au changement climatique, aux maladies et aux insectes ravageurs. Si l’absence d’utilisation de produits phytosanitaires reste centrale, la démarche “Jardins de Noé” va aujourd’hui plus loin en proposant des solutions pour planter des essences locales, répondre aux enjeux d’espèces exotiques envahissantes et pour économiser la consommation en eau. Des essences adaptées et une attention sur les Espèces Exotiques Envahissantes Pour davantage de résilience, nous encourageons la diversité végétale dans votre jardin. La priorité est donnée aux essences locales, en proposant un seuil de 75% d’essences régionales dans la Charte afin d’obtenir un maximum de points. Cependant, les essences exotiques et horticoles sont aussi valorisées, si elles présentent des caractéristiques intéressantes pour votre jardin (meilleure résistance à la sécheresse, aux maladies, etc.). Les Espèces Exotiques Envahissantes (EEE) sont l'une des cinq grandes causes d’érosion du vivant d’après l’IPBES. Leur caractère invasif est si important que certaines espèces sont désormais réglementées… Protéger son jardin, c'est aussi veiller à ce qu'il ne devienne pas une source de propagation pour les espèces envahissantes. La gestion des EEE est donc intégrée à la Charte, dans le geste n°7. Il s'agit d'identifier et de suivre l’évolution de ces populations invasives, et de limiter leur propagation avec des méthodes de lutte écologique.  De plus - et pour rappel - nous valorisons et encourageons également la conservation de la végétation existante. La capacité rafraîchissante des végétaux est remarquable et d’autant plus importante lorsque les végétaux sont matures.   Une économie d'eau Les volets écologiques et économiques de la gestion de l’eau sont aujourd’hui au centre des réflexions à apporter sur notre consommation quotidienne, tendant à réduire ou à supprimer l’arrosage.  Pour commencer, nous tenons à rappeler qu’en choisissant les plantes adaptées au climat et au type de sol de votre site, l’arrosage ne devrait pas être nécessaire (hormis à la plantation, durant les 3 premières années et pendant les épisodes caniculaires). La mise en place d'un paillage organique, ou de plantes couvre-sol, permet de limiter l’évaporation du sol de manière significative. L’eau contenue dans le sol est donc plus largement redirigée vers les végétaux.  Les récupérateurs d’eau ou encore l'exploitation de la topographie pour rediriger l’eau vers les plantations sont également valorisés au sein du nouveau référentiel.  4. une démarche de suivi de la biodiversité vivement encouragée Après avoir mis en place pendant des années une gestion écologique, il est important de constater les “résultats obtenus” et donc d’observer la biodiversité présente dans votre jardin. Nous encourageons la réalisation de suivis de biodiversité après quelques années en gestion écologique, afin de suivre l’évolution de la faune et de la flore, et adapter si besoin les modalités de gestion. Les animaux observés peuvent aussi vous motiver à faire mieux, à aller plus loin et à re-questionner les projets d’aménagements et d’entretien sur le site.  Vous pouvez inventorier et suivre la biodiversité de votre site à l’aide d’écologues professionnels réalisant des inventaires naturalistes, ou encore en réalisant des animations de sciences participatives, comme l'Opération Papillons, BirdLab (oiseaux), INPN Espèces, etc. Pour les professionnels, cette démarche de suivi n'est pas simplement encouragée mais exigée dans le cadre d'un renouvellement. Noé s’engage ainsi à sensibiliser les organisations et à généraliser cette pratique essentielle. Opération de sciences participatives BirdLab Prêt à faire évoluer votre jardin ? Téléchargez la nouvelle Charte complète ici et rejoignez la communauté !
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Avant que ça niche, ... c'est le moment de tailler !

Silence ça niche ! Le 16 mars la taille des haies et arbustes c’est terminé pour la tranquillité des oiseaux et ne pas perturber leur période de reproduction. Mais certains végétaux ont quand même besoin d’une intervention. Il est donc temps de profiter de ces quelques jours pour réaliser vos tailles sur les arbustes qui nécessitent une taille à l’entrée du printemps.  Loriot d'Europe - Berndt Fischer / Biosphoto Pourquoi arrêter la taille ? À partir de la mi-mars, les oiseaux commencent à construire leurs nids dans les haies, les buissons et les arbustes. Merles, fauvettes, rouges-gorges, moineaux… ils y élèvent leurs petits jusqu'en août. Une taille pendant cette période peut détruire des nids, des œufs ou des oisillons, avec des conséquences directes sur la reproduction de nombreuses espèces et sur la biodiversité de nos jardins. La bonne pratique est donc de suspendre toute taille entre le 16 mars et le 15 août.  Quels arbustes tailler avant le 16 mars ? Certains arbustes fleurissent sur le bois de l'année, c'est-à-dire sur les tiges qui vont pousser au printemps. Si on ne les taille pas avant le réveil végétatif, ils fleurissent peu et se dégarnissent progressivement. Pour eux, la fenêtre de mars est la bonne. La potentille arbustive (Potentilla fruticosa) : une taille courte en fin d'hiver stimule une floraison généreuse tout l'été. Arbuste indigène, très apprécié des pollinisateurs. Le cornouiller sanguin (Cornus sanguinea) : taille courte recommandée en fin d'hiver pour stimuler l'émission de jeunes tiges au feuillage coloré. Arbuste indigène très apprécié des oiseaux frugivores à l'automne. La spirée d'été (Spiraea douglasii ou S. japonica) : à tailler court avant le réveil végétatif pour une floraison dense et bien ramifiée tout l'été. Les bruyères d'hiver (Erica carnea) : une taille légère juste après la floraison, avant la mi-mars, suffit à maintenir un port compact et à éviter que la plante ne se lignifie et se dégarnisse au centre. Alexandre Petzold / Biosphoto Les graminées ornementales : supprimer les vieilles touffes laisse place à la nouvelle végétation. Les haies persistantes mélangées (viorne lantane, prunellier, fusain d'Europe…) : une mise en forme légère avant la repousse facilite la gestion tout au long de la saison et limite les interventions estivales. Comment bien tailler ? Avant de commencer, vérifiez l'état de vos outils. Un sécateur mal aiguisé écrase les tiges au lieu de les couper nettement, ce qui fragilise la plante et favorise l'entrée des maladies. Quelques coups de pierre à aiguiser en début de saison suffisent à retrouver un tranchant efficace. Pensez aussi à désinfecter vos outils entre chaque arbuste, un chiffon imbibé d'alcool à 70° suffit, pour éviter de transmettre d'un plant à l'autre d'éventuels champignons ou bactéries. Le bon réflexe avant de saisir le sécateur : Observez quelques instants votre haie avant d'intervenir. Si des oiseaux entrent et sortent fréquemment, un nid est peut-être déjà en place même avant le 16 mars. Dans ce cas, reportez l'intervention et laissez la nichée aller à son terme. Choisissez de préférence un jour sec et sans gel pour intervenir. Le froid ralentit la cicatrisation et les plaies de taille exposées à une gelée nocturne peuvent nécroser. Si une période froide est annoncée dans les jours suivants, mieux vaut attendre. Enfin, pensez à valoriser les déchets de taille : les petites branches peuvent être broyées pour constituer un paillis naturel au pied des arbustes, et les tas de branchages laissés en lisière de jardin offrent des abris précieux pour les hérissons et de nombreux insectes. Un article de Pierre Nahmiaz
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Chenilles processionnaires : la sortie de l’hiver, propice à l’installation de pièges

Chaque année, avec le retour des beaux jours, les chenilles processionnaires réapparaissent dans de nombreux jardins, parcs et espaces boisés. Leur présence suscite souvent inquiétude et réactions rapides. Pourtant, mieux connaître leur mode de vie et les risques réels qu’elles posent permet d’adopter des réponses plus justes et proportionnées. Pourquoi ces chenilles posent problème ? Les chenilles processionnaires du pin et du chêne sont reconnaissables à leurs déplacements en file indienne. Le principal danger ne vient pas de la chenille elle-même, mais de ses poils urticants, très fins et facilement dispersés par le vent.Ils peuvent provoquer des réactions cutanées, oculaires ou respiratoires chez l’humain, et parfois des atteintes graves chez les animaux domestiques, notamment les chiens.Le risque est donc réel, mais localisé : il dépend des périodes, des lieux et des usages (promenade, jardinage, jeux d’enfants). Chenilles processionnaires du pin (Thaumetopoea pityocampa) - Lamiot / Wikimedia Commons Un phénomène en expansion… pas sans explication L’extension géographique des chenilles processionnaires est souvent présentée comme une invasion incontrôlable. Elle s’explique pourtant par plusieurs facteurs bien identifiés : le réchauffement climatique, qui favorise leur survie hivernale ; la simplification des paysages, notamment les plantations monospécifiques de pins ou de chênes ; la raréfaction de certains prédateurs naturels. Leur progression apparaît ainsi comme le symptôme d’un déséquilibre écologique plus large. Comment agir face aux chenilles processionnaires ? Il n’existe pas de solution unique. L’efficacité des actions dépend fortement du moment choisi, en lien avec le cycle de vie des chenilles processionnaires. Une gestion pertinente repose donc sur des interventions ciblées dans le temps. Installer des pièges sur les troncs : au moment de la descente des chenilles Les éco-pièges sont particulièrement efficaces en fin d’hiver et au début du printemps, lorsque les chenilles quittent les arbres pour s’enfouir dans le sol. Placés autour du tronc, ils permettent d’intercepter une partie des individus et de limiter la formation de futures chrysalides. Utiliser des pièges à phéromones : en période de vol des papillons Ces pièges s’installent en été, lors de l’émergence des papillons adultes. Ils servent avant tout à suivre la présence de l’espèce et l’intensité des populations, afin d’anticiper les risques pour l’année suivante, plutôt qu’à réduire massivement les effectifs. Enlever les nids : en hiver ou tout début de saison L’enlèvement mécanique des nids est le plus pertinent en hiver, lorsque les chenilles sont regroupées et encore peu mobiles. Cette opération doit être réalisée avec un équipement de protection adapté ou confiée à des professionnels, afin d’éviter toute exposition aux poils urticants. Favoriser les auxiliaires naturels : toute l’année Certains prédateurs naturels contribuent à réguler les populations de chenilles. Les mésanges (charbonnière, bleue…) consomment des chenilles à différents stades, tandis que les chauves-souris se nourrissent des papillons adultes et peuvent limiter les pontes futures. Cette régulation naturelle est toutefois partielle et insuffisante seule, notamment dans les paysages simplifiés ou urbains. Son efficacité dépend de la présence d’habitats favorables (arbres variés, haies, cavités) et de l’absence de traitements chimiques. Favoriser les auxiliaires par la diversité végétale ou l’installation de nichoirs s’inscrit donc dans une stratégie intégrée, complémentaire aux autres actions. Piège à chenilles processionnaires sur un pin, Lyon - Romainbehar / Wikimedia Commons Signaler la présence des chenilles : un geste utile à l’échelle collective Au-delà des actions individuelles, le signalement des chenilles processionnaires joue un rôle essentiel dans la prévention et la gestion du risque. Le programme AGIIR, développé par l’INRA via l’application Ephytia, permet à chacun de déclarer la présence de chenilles ou de nids géoréférencés. Grâce à cet outil, les observations contribuent à suivre l’extension de l’espèce, à informer le public et à aider les collectivités à adapter leurs actions de manière coordonnée.Signaler les chenilles via AGIIR, c’est donc participer à une gestion raisonnée et collective, au service de la santé et des écosystèmes. Pour aller plus loin : https://sante.gouv.fr/sante-et-environnement/risques-microbiologiques-physiques-et-chimiques/especes-nuisibles-et-parasites/article/les-chenilles-processionnaires-des-especes-urticantes https://chenille-risque.info/comment-lutter-contre-les-chenilles-processionnaires https://www.anses.fr/fr/content/lutte-contre-les-chenilles-processionnaires-du-pin-et-du-chene-en-zone-urbanisee https://ephytia.inra.fr/fr/C/20087/Agiir-Processionnaire-du-pin https://ephytia.inra.fr/fr/C/23688/Agiir-Processionnaire-du-chene  Un article de Pierre Nahmiaz