Chenilles processionnaires : la sortie de l’hiver, propice à l’installation de pièges

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Publié le 04/02/2026
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Chaque année, avec le retour des beaux jours, les chenilles processionnaires réapparaissent dans de nombreux jardins, parcs et espaces boisés. Leur présence suscite souvent inquiétude et réactions rapides. Pourtant, mieux connaître leur mode de vie et les risques réels qu’elles posent permet d’adopter des réponses plus justes et proportionnées.

Pourquoi ces chenilles posent problème ?

Les chenilles processionnaires du pin et du chêne sont reconnaissables à leurs déplacements en file indienne. Le principal danger ne vient pas de la chenille elle-même, mais de ses poils urticants, très fins et facilement dispersés par le vent.
Ils peuvent provoquer des réactions cutanées, oculaires ou respiratoires chez l’humain, et parfois des atteintes graves chez les animaux domestiques, notamment les chiens.Le risque est donc réel, mais localisé : il dépend des périodes, des lieux et des usages (promenade, jardinage, jeux d’enfants).

Chenilles processionnaires du pin (Thaumetopoea pityocampa) - Lamiot / Wikimedia Commons

Un phénomène en expansion… pas sans explication

L’extension géographique des chenilles processionnaires est souvent présentée comme une invasion incontrôlable. Elle s’explique pourtant par plusieurs facteurs bien identifiés :

  • le réchauffement climatique, qui favorise leur survie hivernale ;
  • la simplification des paysages, notamment les plantations monospécifiques de pins ou de chênes ;
  • la raréfaction de certains prédateurs naturels.

Leur progression apparaît ainsi comme le symptôme d’un déséquilibre écologique plus large.

Comment agir face aux chenilles processionnaires ?

Il n’existe pas de solution unique. L’efficacité des actions dépend fortement du moment choisi, en lien avec le cycle de vie des chenilles processionnaires. Une gestion pertinente repose donc sur des interventions ciblées dans le temps.

  • Installer des pièges sur les troncs : au moment de la descente des chenilles

Les éco-pièges sont particulièrement efficaces en fin d’hiver et au début du printemps, lorsque les chenilles quittent les arbres pour s’enfouir dans le sol. Placés autour du tronc, ils permettent d’intercepter une partie des individus et de limiter la formation de futures chrysalides.

  • Utiliser des pièges à phéromones : en période de vol des papillons

Ces pièges s’installent en été, lors de l’émergence des papillons adultes. Ils servent avant tout à suivre la présence de l’espèce et l’intensité des populations, afin d’anticiper les risques pour l’année suivante, plutôt qu’à réduire massivement les effectifs.

  • Enlever les nids : en hiver ou tout début de saison

L’enlèvement mécanique des nids est le plus pertinent en hiver, lorsque les chenilles sont regroupées et encore peu mobiles. Cette opération doit être réalisée avec un équipement de protection adapté ou confiée à des professionnels, afin d’éviter toute exposition aux poils urticants.

  • Favoriser les auxiliaires naturels : toute l’année

Certains prédateurs naturels contribuent à réguler les populations de chenilles. Les mésanges (charbonnière, bleue…) consomment des chenilles à différents stades, tandis que les chauves-souris se nourrissent des papillons adultes et peuvent limiter les pontes futures. Cette régulation naturelle est toutefois partielle et insuffisante seule, notamment dans les paysages simplifiés ou urbains. Son efficacité dépend de la présence d’habitats favorables (arbres variés, haies, cavités) et de l’absence de traitements chimiques. Favoriser les auxiliaires par la diversité végétale ou l’installation de nichoirs s’inscrit donc dans une stratégie intégrée, complémentaire aux autres actions.

Piège à chenilles processionnaires sur un pin, Lyon - Romainbehar / Wikimedia Commons

Signaler la présence des chenilles : un geste utile à l’échelle collective

Au-delà des actions individuelles, le signalement des chenilles processionnaires joue un rôle essentiel dans la prévention et la gestion du risque. Le programme AGIIR, développé par l’INRA via l’application Ephytia, permet à chacun de déclarer la présence de chenilles ou de nids géoréférencés. Grâce à cet outil, les observations contribuent à suivre l’extension de l’espèce, à informer le public et à aider les collectivités à adapter leurs actions de manière coordonnée.Signaler les chenilles via AGIIR, c’est donc participer à une gestion raisonnée et collective, au service de la santé et des écosystèmes.

Pour aller plus loin :

https://sante.gouv.fr/sante-et-environnement/risques-microbiologiques-physiques-et-chimiques/especes-nuisibles-et-parasites/article/les-chenilles-processionnaires-des-especes-urticantes

https://chenille-risque.info/comment-lutter-contre-les-chenilles-processionnaires

https://www.anses.fr/fr/content/lutte-contre-les-chenilles-processionnaires-du-pin-et-du-chene-en-zone-urbanisee

https://ephytia.inra.fr/fr/C/20087/Agiir-Processionnaire-du-pin

https://ephytia.inra.fr/fr/C/23688/Agiir-Processionnaire-du-chene 

Un article de Pierre Nahmiaz

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Avec cette nouvelle Charte, Noé valorise davantage les actions globales visant à créer des milieux écologiques ou des aménagements naturels (mare, haie champêtre, etc.), plutôt que des abris artificiels comme les nichoirs, les gîtes à coccinelles, etc.   Dernier point sur la flore spontanée (celle qui s’invite d’elle-même dans votre jardin) : elle est bien souvent locale. En la laissant s’épanouir dans votre jardin, vous offrez à la faune locale une nourriture avec laquelle elle a co-évolué pendant des siècles. 2. Un geste n°2 valorisant l'ensemble des couverts prairiaux Il nous paraissait important ici d’élargir le geste n°2 à l’ensemble des prairies, et non plus uniquement les prairies fleuries.  Les prairies jouent un rôle écologique majeur, en constituant des puits de carbone et en abritant une riche biodiversité. En effet, elles offrent une grande diversité d’abris et de ressources alimentaires pour de nombreux animaux, et notamment les pollinisateurs sauvages.  Il existe différents types de prairies, avec des compositions végétales qui varient selon l’hygrométrie, la diversité des sols et des climats, etc. Par exemple, les prairies mésophiles peuvent s'installer sur des sols secs ou frais, tandis que les prairies hygrophiles se développent sur des sols très humides. Un espace enherbé qui n’est pas tondu va naturellement évoluer vers un espace prairial, en accueillant un nombre croissant de graminées et d’espèces apparentées à la prairie naturelle de votre région. L’esthétique de la prairie entre parfois en conflit avec les usages du site : la gestion différenciée prend alors tout son sens. L’espace prairial devra alors être clairement délimité et signalé, en tondant une bande d’un mètre de large sur ses contours par exemple, ou encore en installant un panneau de communication. 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