S'informer : Les Conseils de Noé

Ces fiches conseils expliquent l’intérêt des 10 gestes de la Charte des Jardins de Noé et comment les mettre en pratique.

Témoignage de jardinier

A la découverte de la faune et de la flore sauvage du jardin du Clos du Donjon !

phil

(c) Philippe Gilot

Témoignage de Philippe Gilot

« Je suis membre des ’Jardins de Noé’ depuis deux ans. J’ai connu ce programme de conservation de la biodiversité tout à fait par hasard en naviguant sur internet et en faisant des recherches en relation avec la biodiversité locale. J’ai été séduit par cette idée de mettre en réseau les jardins exempts de pesticides, où la biodiversité est préservée et favorisée. C’est effectivement un excellent moyen de créer une immense trame verte et, par conséquent, pourquoi pas, le plus grand parc naturel de France. Comme je suivais déjà l’ensemble des gestes de la charte des ’Jardins de Noé’ dans notre propre jardin, j’ai immédiatement rejoint le réseau, et dans un but de prosélytisme, j’ai accroché la plaque de portail ’Jardins de Noé’ à l’entrée de notre jardin. »

Que mettez-vous en place au jardin pour favoriser la biodiversité ? Parlez-nous des actions qui vous tiennent le plus à cœur.

« L’action qui me tient, bien sûr, le plus à cœur est le non-emploi de pesticides et la restauration de biotopes comprenant tous les éléments de la chaîne alimentaire. Je favorise le plus possible les plantes locales (ce qui n’exclut pas les plantes exotiques, si elles ne sont pas invasives), et cela particulièrement dans une prairie calcaire sèche qui contient quelques arbres fruitiers. Cette prairie n’est fauchée qu’une à deux fois par an, seuls les cheminements sont tondus. De nombreux abris pour les insectes, petits mammifères, reptiles et oiseaux existent partout dans le jardin : murets en pierres sèches, caves dans le roc, tas de bois, haies, hôtels à papillons, nids pour les oiseaux… Le manque d’une mare est un grand regret mais nous en créerons une un jour. Par contre, plusieurs abreuvoirs sont disposés dans la propriété. Les récompenses commencent à arriver, il y a maintenant un grand nombre de plantes et d’insectes, ainsi que des serpents, lézards, crapauds, petits mammifères, chauve-souris, oiseaux, qui se sont installés. Je suis en train de les répertorier et je dépose leurs photographies dans le jardin ’Clos du donjon’ sur le site internet des Jardins de Noé. La connaissance de l’existence de tout ce petit monde et des relations que chaque membre entretient avec les autres est, me semble-t-il, la base pour leur préservation. Je m’efforce au maximum à garder des sols vivants, la terre n’est jamais à nu dans aucune partie du jardin, y compris dans le potager, qui est paillé. Dans le potager, je fais également du compostage au sol avec les déchets des légumes qu’il produit. Je m’efforce au maximum à préserver la diversité légumière en ne plantant pas de légumes F1* et en utilisant des légumes anciens vivaces ou ressemables. Au printemps, nous consommons aussi plusieurs plantes sauvages qu’il suffit de cueillir dans la prairie. »

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à parrainer d’autres jardiniers pour qu’ils deviennent  « Jardins de Noé » ? Avez-vous aujourd’hui des échanges avec les jardiniers parrainés sur le jardinage respectueux de l’environnement ?

« Il m’a semblé que le programme Jardins de Noé est méconnu du grand public, par exemple, dans mon village et dans les villages environnants, il n’y a pas d’autres adhérents aux Jardins de Noé. J’en ai donc parlé dans mon entourage : amis, connaissances, collègues ou institutions (mairie, agenda 21 local…) qui me semblaient être intéressés par le jardinage et la préservation de l’environnement. Parmi toutes ces personnes que j’ai parrainées, il faut avouer que seule une petite partie a actuellement adhéré au programme. J’entretiens de temps à autres des échanges avec ces nouveaux adhérents sur le jardinage respectueux de l’environnement. Il ne faut pas désespérer, les personnes que j’ai sollicitées et qui n’ont pas encore adhéré, le feront peut-être un jour; il faut parfois un peu de temps pour passer un cap. »

Visitez mon jardin

*Définition : Un hybride F1 est issu d’un croisement de deux variétés de lignée pure (homozygotes pour certains gènes) d’une même espèce. Si vous semez les graines issues d’un hybride F1 (hétérozygote), vous n’aurez pas des caractéristiques homogènes pour la génération F2. Pour le jardinier cette génération F2 n’est pas toujours intéressante.

Partagez sur les réseaux sociaux :

Donnez votre avis