S'informer : Les Conseils de Noé

Ces fiches conseils expliquent l’intérêt des 10 gestes de la Charte des Jardins de Noé et comment les mettre en pratique.

Paille, le come-back ?

De quoi construire des batiments performants aujourd'hui avec les matériaux d'hier !

La nécessité de trouver des solutions environnementales pour le bâtiment conduit parfois à un retour de techniques anciennes. C’est notamment le cas du bois qui profite d’une popularité exponentielle depuis plusieurs années dans l’industrie du BTP.

Bien que plus confidentielle, la paille fait partie de ces matériaux biosourcés qui font peu à peu leurs preuves.

Un matériau exceptionnel

Cela pourrait prêter à sourire, pourtant la paille est un matériau très performant :

  • Énergie grise (énergie nécessaire à la production du matériau) négligeable et Bilan Carbone excellent. La paille est en effet un résidu agricole et disponible très largement sur le territoire français ;
  • Résistance thermique (c’est à dire la puissance isolante) élevée, bonne performance acoustique et excellente régulation hygrothermique (capacité à réguler l’humidité et à maintenir une température constante) ;
  • Faible coût économique, facilité et rapidité de mise en œuvre.

Couramment, de la paille compressée est aussi utilisée pour remplir des caissons de bois qui sont ensuite assemblés pour former la structure.

Elle peut aussi se retrouver directement en bottes de paille, pour remplir une ossature en bois ou alors être structurelle, les bottes sont alors mises en œuvre comme des briques afin de constituer des murs porteurs.

Dans tous les cas, la compression de la paille est essentielle car cela permet de la rendre très résistante au feu. Un enduit (terre ou chaux) appliqué des deux côté confère la rigidité à la paroi, protège la paille des animaux qui pourraient vouloir s’en nourrir ou s’y abriter mais aussi de l’humidité.

Quelles limites ?

Alors qu’est-ce qui peut freiner encore le développement de la paille ?

La principale limite de la paille reste sa sensibilité à l’humidité qui peut dégrader la performance thermique et mécanique de la paroi en cas de dégât des eaux ou si la vapeur d’eau ne migre pas correctement à travers le mur.

De plus, l’absence de réglementation en France rend les assureurs assez réticents vis-à-vis de ce genre de projets.

Enfin, comme le rappelle Luc Floissac (GRECAU), les préjugés ont la dent dure et l’histoire des Trois Petits Cochons reste très présente dans les esprits.

Un nombre croissant de projets

Malgré tout, les projets se multiplient et ne sont plus l’apanage des maisons individuelles. Déjà en 2014, un bâtiment de 8 étages de logements collectifs isolé à l’aide de paille a vu le jour dans les Vosges. Par ailleurs, le premier bâtiment public avec des murs porteurs en paille a été livré en octobre 2017 : il s’agit d’une école à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

L’utilisation de la paille permet de transformer un déchet en ressource renouvelable et écologique. En ce sens, cela s’inscrit dans la démarche de construction durable que promeut Noé à travers le programme « Maisons de Noé » (retrouvez ici la charte !).

Alors n’hésitez plus ! Pour plus d’informations sur la mise en œuvre de la paille et comment construire sa maison en paille, consultez les sites suivants :

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Donnez votre avis

  1. Photo du profil de S PS

    Bonjour,
    la paille, merveilleux matériau, a de nombreux usages et c’est absurde de la qualifier de « déchet ».
    Personne (ou alors des gens peu scrupuleux) ne la jette pour tenter de s’en débarrasser.
    Demander à n’importe quel éleveur, maraicher, ou cultivateur en TCS… On pourrait d’ailleurs plutôt rajouter cette limite à votre liste. Cette ressource n’est pas disponible en abondance et pour la récupérer, il faut accepter ce ne pas laisser la paille au champ, ce qui est bien dommage avec le manque de matière organique dans les sols. Solution (car c’est bien dommage aussi ne pas l’utiliser pour la construction) : cultiver à nouveau des variétés hautes, à l’ancienne, pour produire plus de paille (avec les changements de pratique que cela implique), ou encore trouver d’autres sources de matières organiques, d’autres fourrages et litières, d’autres paillages… Il y a beaucoup encore à chercher mais on est sur la bonne voix!

    1. Photo du profil de Rémi HRémi Auteur de l’article

      Bonjour et merci pour votre réaction !

      En effet, il est plus juste de parler d’un « résidu » que d’un déchet agricole.
      Aujourd’hui la paille est présente en grande quantité et bien répartie sur le territoire, ce qui en fait une ressource abondante. Bien qu’elle soit en grande partie dédiée à nourrir le bétail, il est tout à fait possible de l’acheter pour un autre usage, comme la construction d’une maison, la ressource est bien disponible.
      Sur la question du paillage des champs et de la matière organique des sols, vous avez aussi raison, il est plus que nécessaire de préserver la qualité des sols et de ne pas mettre en concurrence la construction et des pratiques agricoles durables. Cependant, à l’heure actuelle la paille n’est que très peu utilisée pour couvrir les sols agricoles. Une autre méthode consiste à assurer la présence d’un couvert végétal en permanence en semant par exemple des plantes à courte tige qui seront ensuite dépassées par les variétés cultivées à plus hautes tiges et qui « retourneront » alors au sol. C’est d’ailleurs la volonté de Noé de promouvoir ces méthodes d’agroécologie.
      En effet, même s’il y a encore à faire, on est sur la bonne voie et l’apparition de bâtiments publics utilisant la paille le montre !

      Bonne journée 🙂