S'informer : Les Conseils de Noé

Ces fiches conseils expliquent l’intérêt des 10 gestes de la Charte des Jardins de Noé et comment les mettre en pratique.

Les outils de taille et leurs bons usages

Comme nous l’écrivions dans un précédent article toute taille représente une agression qui fragilise l’arbre. Une taille raisonnée, respectueuse des périodes et des besoins de chaque arbre et arbuste permettra de mieux laisser les individus se défendre et se développer naturellement.

Les tailles à privilégier 

La taille de formation est moins traumatisante qu’une taille de restauration ou une taille régulière pour « sculpter la forme » d’un jeune sujet. Elle permet de veiller à la bonne disposition de ces branches charpentières dans l’espace. Avec cette taille il s’agit avant tout d’obtenir un arbuste vigoureux, sans tenir compte de la floraison du végétal. La taille de formation se pratique en hiver, en dehors des périodes de gel, pendant le repos de la végétation. Elle n’est à réaliser qu’une fois, après la plantation du sujet.

La taille d’entretien permet d’éclaircir le houppier d’un arbre ou d’un arbuste. L’accumulation de branches est la porte ouverte aux parasites et aux maladies. Si la taille d’entretien n’est pas correctement réalisée, les gourmands, rameaux stériles (non fruitières) très vigoureux, se développeront, détournant à leur profit une bonne partie de la sève et déséquilibrant la silhouette de l’arbre. Contrairement à la taille de formation, la taille d’entretien cherche à stimuler la croissance de la végétation. Pour les arbustes à floraison estivale, la meilleure période pour opérer est donc celle où la végétation sort du sommeil hivernal, en février-mars. Pour les arbustes à fleurs de printemps, une taille pratiquée à cette époque supprimerait le bouton à fleur déjà formé depuis l’année précédente, aussi attendra-t-on la fin de leur floraison pour intervenir. Préparez vos outils !

Les outils et leurs bons usages

La serpette

Parage d’une plaie de taille sur pommier à la serpette ; @ Taille (arboriculture)
© P. & M. Guinchard / Biosphoto

L’utilisation de la serpette demande beaucoup de doigté. Elle est constituée d’un manche épais et d’une lame en forme de croissant de 12cm de longueur environ sur 2cm de largeur. A utiliser là pour nettoyer les grosses plaies de taille en les rendant les plus lisses possible.

Le sécateur

© Yann Avril / Biosphoto

Le sécateur est utilisé pour les opérations de taille afin d’obtenir une coupe bien nette. Il faut bien choisir son sécateur en fonction de ce qu’on veut en faire. Ni trop gros, ni trop petit. C’est le parfait ami des jardiniers lorsqu’il s’agit de branches d’un diamètre égal ou supérieur à 3cm.

Le sécateur de force 

© Jean-Michel Groult / Biosphoto

Le secateur de force permet sans trop forcer de couper des branches de fort diamètre car ses longues poignées démultiplient votre force.

Il restera l’outil de coupe privilégié des haies dites « strictes » composé d’arbustes et d’arbres à grandes feuilles qui supportent mal d’être « hachées » par la taille. La taille « stricte » est à envisager pour élaguer sa haie du côté rue par exemple, car rappelons que ce n’est pas ce qu’il y a de mieux pour la biodiversité. Vous pouvez alors laisser l’autre coté de libre afin d’accueillir les auxiliaires au jardin.

La cisaille à main

© Jean-Michel Groult / Biosphoto

La cisaille à main est l’outil traditionnel pour couper les haies « strictes » à feuilles fines ou petites. Elle permet un travail plus rapide que le sécateur. La coupe à la cisaille demande un peu d’entrainement. Les lames se placent parallélement à la surface à couper. Actionner la cisaille en rapprochant les lames l’une de l’autre à petits coups secs et en relevant légérement leurs pointes lors de la fermeture, comme si la cisaille « rebondissait sur la partie taillée. Pour limiter votre fatigue, placez vous à la bonne hauteur par rapport à la haie : les manches de la cisaille doivent être dans le prolongement de vos avant-bras qui doivent former un angle légérement ouvert.

Le taille-haie électrique

© Philippe Giraud / Biosphoto

L’investissement dans un taille-haie électrique se justifie pour des haies « strictes » de plusieurs mètres composés d’arbustes à petites feuilles à la croissance rapide et qui vont possiblement gêner.

 

La bonne façon de couper au sécateur

 

  • Taillez toujours la branche 4 à 6mm au-dessus d’un bourgeon bien visible ; de là partira une nouvelle ramification stimulée par la coupe. Il est préférable que ce bourgeon soit situé vers l’extérieur du buisson ou de la ramure de l’arbre, ainsi le rameau ne viendra pas encombrer le centre de l’arbre mais étoffer sa silhouette.
  • Coupez en biais de façon que la plus basse se trouve du côté opposé au bourgeon.
  • Placez toujours votre sécateur de telle sorte que votre lame coupante se situe vers la partie de la branche conservée sur la plante. En effet la contre lame de sécateur ou enclume sert à bien bloquer le rameau au moment de la coupe : inévitablement elle écrase les tissus végétaux.
  • Aiguisez régulièrement votre sécateur afin que les coupes soient bien nettes pour ne pas « donner prise » aux maladies.

 

 

La bonne façon de couper pour élaguer :

 

  • Faites d’abord une entaille sous la branche que vous voulez élaguer puis sciez là en oblique. Parez les gosses plaies de tailles à la serpette puis recouvrez les de mastic cicatrisant
  • Attention les conifères ne supportent pas l’élagage. Vous pouvez tout au plus couper les branches trop basses. Lors de la plantation, pensez à laisser suffisamment d’espace autour des conifères pour leur permettre de se développer harmonieusement.

 

Lexique

Houppier : Sommet d’un arbre auquel on a enlevé les branches

 

Bibliographie

  1. L’ABC de la taille. Jean-Yves Prat, Denis Retournard (2010)
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