S'informer : Les Conseils de Noé

Ces fiches conseils expliquent l’intérêt des 10 gestes de la Charte des Jardins de Noé et comment les mettre en pratique.

Les espèces parapluies

Elles protègent bien plus que de la pluie !

Si le terme tend à nous faire sourire, les espèces parapluies ont pourtant une importance capitale dans la survie de nos écosystèmes !

© Bill Sanderson / SPL – Science Photo Library / Biosphoto

Espèces parapluies et biodiversité

La définition d’une espèce parapluie est la suivante, c’est une « espèce dont le domaine vital est assez large pour que sa protection assure celle des autres espèces appartenant à la même communauté » (Ramade, 2002)

La protection et la conservation des espèces parapluies permettent la sauvegarde de nombreuses autres espèces et d’habitat. L’espèce parapluie peut être aussi bien une espèce menacée ou ordinaire qui vit de manière complémentaire avec les autres espèces qui partage son environnement. Ainsi les exigences d’habitat des espèces parapluies englobent celle d’autre espèces. Nous pouvons citer la chouette tachetée, le hérisson, la loutre, le cerf noble, le grizzli, le grand tétras, le guillemot marbré, le desman des Pyrénées, le taupin violacé et même nos amis les papillons !

© Daniel Heuclin / Biosphoto

La protection d’une espèce parapluie, permet la protection de ses proies, des plantes dont se nourrissent ces proies, des prédateurs… bref, de la chaîne alimentaire !

Les espèces parapluie constituent des espèces idéales pour les plans de conservation visant plusieurs espèces. Ils servent d’indicateurs de santé pour les écosystèmes. La disparition de certains oiseaux ou papillons peut être l’indicateur d’un problème pour d’autres espèces dans certaines régions, puisque les besoins écologiques (habitat, nourriture) de l’espèce parapluie peut être semblable à beaucoup d’autres.

Le taupin violacé (Limoniscus violaceus), un exemple d’espèce parapluie

Une étude du docteur Nicolas Gouix (Conservatoire d’espaces naturels Midi-Pyrénées) sur les enjeux de conservation du taupin violacé (Limoniscus violaceus) a montré que ce dernier est une espèce parapluie à protéger. Les cavités d’arbre où il vit ne sont pas forcément riches mais elles permettent d’accueillir plusieurs espèces qui y trouve refuge. « Les cavités habitées par l’espèce hébergent plus de 85 % de la faune saproxylique* cavicole et 70 % de la saproxylofaune observée dans notre jeu de données ».

Le taupin violacé est un insecte allongé peu brillant de couleur noire au reflets bleutés ou violacés. Il fait 11mm de long et on peut l’observer début avril à fin juin.

© Joël Héras / Biosphoto

Menacée d’extinction en Europe, la préservation de cette espèce et de son habitat doit permettre à d’autres organismes saproxyliques d’être également préservés. Ces dernières offres de bons indicateurs à la biodiversité. En effet en estimant le volume et la diversité des bois morts dans lesquels vivent ces animaux, les scientifiques peuvent analyser la diversité des espèces, leur déplacement et leur évolution.

Le hérisson est également une espèce parapluie car il dispose d’habitat variés, il fréquente aussi bien les villes que les campagnes et s’y nourris d’insectes. Il est observable du printemps à l’automne, lorsque les températures dépassent dix degrés.

Les espèces parapluies permettent d’apporter une réponse de tout un groupe d’espèces face aux mesures de restauration d’un milieu ou d’un habitat, tout en conservant des avantages (économique et de main-d’œuvre et moyen) d’une collecte de données restreinte, puisque cela ne concerne l’étude que d’une espèce.

Espèces saproxylique : Ce sont des espèces « impliquée dans, ou dépendante, du processus de décomposition fongique du bois, ou des produits de cette décomposition. Elle est associée à des arbres tant vivants que morts. Par convention, deux autres regroupements d’organismes sont inclus dans cette définition : i) les espèces associées aux écoulements de sève et à leurs produits de décomposition, et ii) les organismes autres que les champignons qui se nourrissent directement du bois. » (Alexander 2008).

Ce sont des organismes qui dépendent du bois mort ou vivant pour leur cycle de vie, que ce soit en tant qu’abris ou source de lumière.

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