S'informer : La biodiversité des jardins

Animaux, plantes et habitats font la richesse de votre jardin et participent à son équilibre et à son esthétisme. Cette rubrique vous permet de mieux connaître cette biodiversité et vous donnera des conseils pour l’accueillir dans votre jardin !

Le martinet noir, l’oiseau commun des villes

On rencontre le martinet noir en ville, dans les villages de campagne, en plaine, en montagne et au-dessus des plans d’eau. Sa particularité tient du fait qu’il peut rester jusqu’à dix mois de suite sans se poser. Il boit, dort, mange en vol. Son rythme de vie particulier en fait donc un très bon auxiliaire au jardin puisqu’il participe à limiter la présence des insectes et nuisibles, de jour comme de nuit.

 

Le martinet noir vient de la famille des Apodidés. Les Apodidés se composent de 113 espèces, la famille des passereaux quant à elle se compose de plus de 5 000 espèces. C’est pourquoi il ne faut pas confondre le martinet avec l’hirondelle. L’hirondelle a des ailes plus courtes et est plus clair que le martinet.

Le martinet présente une grosse tête avec un cou engoncé. Il a de longues, pointues et fines ailes en forme de lames de faux qui sont adaptées à son évolution en milieux aérien et qui lui permette de faire de magnifiques figures en vol. Sa queue est plate et effilée. C’est un oiseau très grand (son envergure mesure environ 45cm). Par rapport à l’hirondelle il se déplace très vite et ses déplacements aériens sont ponctués de cris stridents de tonalité élevée facilement reconnaissables.

Martinet noir (Apus apus) capturant un moustique en vol, Réserve naturelle de Wagbachniederung, Allemagne – Crédit photo : © Michel Rauch / Biosphoto

Le martinet noir dans son milieu

Le martinet noir est un oiseau migrateur. Il part hiverner en Afrique subsaharienne dès la mi-juillet. Le martinet est une espèce grégaire, il se déplace toujours en colonie. La colonie revient en France pour retrouver son aire de reproduction de mi-mars à mi-avril. Même si à l’origine, le martinet noir établissait son nid dans les failles des falaises et dans les vieux arbres, il a su profiter des constructions humaines et s’adapter aux habitats artificiels pour se reproduire. Aujourd’hui, l’on constate que la répartition des nicheurs varie en fonction des constructions. C’est pourquoi on retrouve plus de martinet noir en ville que dans les villages.

Le couple de martinets se pose environ deux mois pour couver. Ils nichent dans des cavités étroites situées sous les toitures ou dans les bâtiments. Les martinets construisent leur nid en récupérant divers matériaux cimentés de salive (des végétaux, du papier, des plumes, des brindilles, du bois…). Ils forment un nid de 10cm de diamètre qui sera réutilisé par la suite et consolidé si nécessaire par les deux partenaires qui sont généralement fidèles. Les œufs sont couvés une vingtaine de jours puis les jeunes quitteront le nid environ quarante jours après. La maturité sexuelle d’un martinet est atteinte à l’âge de trois ou quatre ans. Le martinet peut vivre en moyenne jusqu’à vingt et un ans.

Crédit photo : © Mathias Schaef / BIA / Minden Pictures / Biosphoto

Le martinet noir est un oiseau qui n’est pas menacé, même si des déclins localisés ont pu être notés. Par ailleurs, c’est une espèce protégée (selon les articles 1 et 5 de l’arrêté́ modifié du 17/04/81), inscrite à l’Annexe III de la Convention de Berne. Une des principales menaces est la raréfaction des sites de reproduction. En effet la rénovation des façades et des toitures des bâtiments menace la nidification des martinets. Les martinets noirs se voient ainsi délogés car ils ne sont pas souvent pris en compte dans les projets de rénovation. De plus, les nouvelles techniques et matériaux de construction employés réduisent les possibilités de nidification. Une étude (2)menée sur une période de près de dix ans dans un secteur urbain sauvegardé de 41 hectares, favorable aux Martinets noirs, a démontré́, qu’à la suite de travaux, près de 13% de la superficie susceptible de convenir aux martinets étaient définitivement perdus. Cette étude a été illustrée lors du Colloque Interrégional d’Ornithologie ayant eu lieu à Lyon le 11 et 12 novembre 1995. En milieux urbains, les martinets sont laissés pour compte en contreparties d’espèces « dérangeantes » comme les pigeons ou les choucas des tours, ce qui ne permet plus au martinet noir ou autres espèces comme l’effraie des clochers, de nicher.

Crédit photo : © Leslie J. Borg / SPL – Science Photo Library / Biosphoto

Un auxiliaire pour le jardin

Les martinets noirs sont des aides précieuses au jardin car ils sont insectivores. Le martinet peut manger son poids par jour en insectes. Le martinet noir se nourrit en vol d’insectes et d’araignées en suspension dans l’air qu’on appelle les « planctons aérien ». Il peut également chasser au-dessus de l’eau par temps médiocre, les insectes aquatiques sont alors en plus grand nombre que les insectes terrestres. Les aphides, hyménoptères, coléoptères et diptères constituent la majorité de ses proies. Le martinet noir peut bénéficier indirectement de la protection au titre de patrimoine historique, de certains monuments dont l’architecture, plus riche en anfractuosités, offre de nombreux sites pour la nidification. Il n’est alors pas anodin de voir un ou plusieurs martinets noirs chasser au sein d’un jardin remarquable.

 

Bibliographie :

  1. MEEDDAT, Cahiers d’Habitat « Oiseaux » – Muséum naturelle d’Histoire national – Fiche projet – Martinet noir, Apus apus(Linné, 1758)
  2. GORY, G (1997). – Nidification du Martinet noir (Apus apus), protection et aménagements de sites. Actes du 35èmeColloque Interrégional d’Ornithologie, Lyon 11 et 12 novembre 1995. CORA Rhône
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