S'informer : Les Conseils de Noé

Ces fiches conseils expliquent l’intérêt des 10 gestes de la Charte des Jardins de Noé et comment les mettre en pratique.

Le bois, un habitat pour s’abriter, hiverner, chasser, nicher, se reproduire ou encore pondre

Les organismes xylophages et saproxylophages représentent des indicateursde l’état de santé de conservation d’un habitat. Ils contribuent ainsi au rétablissement des continuités écologiques. Le bois est un élément essentiel, possédant un fort intérêt écologique. Comment ces organismes l’utilisent-ils pour vivre ?

 

Un habitat pour s’abriter hiverner, chasser, nicher se reproduire ou encore pondre

Les organismes saproxylophages sont des organismes qui se nourrissent de bois en décomposition. On peut alors trouver :

Les champignons : Ils décomposent la cellulose du bois et la rendent digeste pour les autres espèces.

Les coléoptères : notamment les scolytes (percent des trous et pondent leurs œufs dans le bois mort) ou le célèbre lucane cerf-volant, espèce protégée.

De nombreux larves d’insectes (papillons, certains hyménoptères, …)

Quant aux organismes saproxyliques ils sont impliqués dans, ou dépendant, du processus de décomposition fongique du bois, ou des produits de cette décomposition. On retrouve alors :

Des insectes : coccinelles, pince-oreilles, mille-pattes, fourmis, papillons, abeilles et guêpes solitaires, …

Des oiseaux cavernicoles: mésanges, sittelles, chouettes, pics, …

Des mammifères : chauve-souris, loirs, hérissons, …

Des amphibiens : grenouilles, crapauds, tritons, salamandres, …

Mais aussi limaces, escargots, araignées, reptiles, rongeurs …

Mycènes et Fougère en sous bois – Corse France
Crédit photo : © Pascal Pittorino / Biosphoto

Le bois est un maillon essentiel de l’écosystème, les débris de bois, les feuilles mortes, les débris de végétaux forment une litière qui protège efficacement le sol contre le ruissellement et l’érosion du sol. Le bois mort qui se décompose lentement alimente constamment le sol de substances nutritives et d’humus. Grâce à des organismes décomposeurs qui transforment la matière organique en humus. Ces organismes sont primordiaux au sein des écosystèmes, car ils participent au recyclage de la matière organique. Cela a pour conséquence un gage de fertilité et de régénération des sols.

Tronc de chêne mort en décomposition en hiver, Moselle, France
Crédit photo : © Yann Avril / Biosphoto

Le bois est également une source de nourriture pour de nombreuses espèces influant sur la survie de groupe d’individus. Comme les xylophages (qui se nourrissent de bois), que ça soit des champignon lignivores, saproxyliques et coléoptères saproxylophages – qui se nourrissent du bois en décomposition.

Le bois mort est aussi une source de micro-habitats variés (cavités aériennes et accumulations de bois au sol). La faune utilise le bois mort pour s’abriter, hiverner, chasser, nicher, se reproduire ou pondre.

Ces micro-habitats sont indispensables pour abriter des espèces aussi variées que les rongeurs, les bryophytes ou encore les chauves-souris ; ils sont aussi indispensables à la reproduction de nombreuses espèces d’oiseaux et d’insectes. Dans nos régions, on estime ainsi que 40% des oiseaux forestiers dépendent étroitement des cavités pour se reproduire (chouettes, gobe-mouches, grimpereaux, mésanges).

Généralement les chances de trouver une cavité augmente avec le diamètre de l’arbre, et donc avec son âge. Il est donc important de maintenir quelques gros et vieux arbres vivants. Or ce sont les arbres manquants le plus dans nos forêts.

Zoom sur le Lucane cerf-volant, le coléoptère qui a du mordant

Le lucane cerf-volant (Lucanus cervus) est un insecte de l’ordre des coléoptères. C’est une espèce typique et indicatrice de l’état de santé des forêts et des milieux naturels car les larves mangent le bois en décomposition et participent à la régénération de la litière.

Le lucane dépend du bois mort pour son cycle de vie. On dit alors que c’est un insecte saproxylique. La femelle pond dans la terre près d’un vieil arbre, un arbre malade ou mort (chêne, hêtre, mais aussi fruitiers) anticipant ainsi des sources de nourriture pour ses larves. Les larves vivront dans le bois mort environ 6 ans puis s’enterreront pour donner naissance à une nymphe et à un scarabée à l’automne pour n’émerger définitivement qu’au printemps suivant.

Lucane cerf-volant mâle posée sur un rocher, été, Ardèche, France
Crédit photo : © Yann Avril / Biosphoto

Selon l’INPN, le lucane est une espèce quasi-menacée notamment du fait d’un trop grand entretien des parcs, jardins et espaces boisés où plus aucune souche ni écorce de bois mort ne reste pourrir.

Le lucane cerf-volant est inscrit à l’annexe II de la directive européenne « habitats faune flore » de 1992, dont la protection nécessite la mise en place par les États-membres de Zones Spéciales de Conservation, ainsi qu’à l’annexe III de la convention de Berne.

Il est alors important de préserver cette espèce phare témoin du rôle des vieux arbres et des arbres morts. On la rencontre souvent par chaque nuit de printemps ou de début d’été, mais on peut préparer sa venue au jardin en laissant un tas de bois mort.

Le bois mort contribue à la préservation de certaines espèces. Ce dernier à de nombreuses fonctions. Si vous voulez favoriser la biodiversité au jardin, vous pouvez laisser en priorité des arbres dont le diamètre est supérieur à 35cm et présentant une ou plusieurs cavités ou fissures. Vous pouvez les repartir de manière homogène au sein d’un massif, sous forme d’ilots de vieux arbres ou être isolés.

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