S'informer : La biodiversité des jardins

Animaux, plantes et habitats font la richesse de votre jardin et participent à son équilibre et à son esthétisme. Cette rubrique vous permet de mieux connaître cette biodiversité et vous donnera des conseils pour l’accueillir dans votre jardin !

L’ailante, une Espèce Exotique Envahissante venue d’Asie

L’Ailante est un arbre à croissance rapide pouvant atteindre 30 mètres de haut, de la famille des Simaroubacées. Ces feuilles très grandes (50cm) sont opposées. Lorsqu’on les froisse, elles dégagent une odeur désagréable. Le feuillage de l’Ailante est caduc et ses fruits apparaissent en septembre sous la forme de grappes de samares formant des bouquets de fleurs roses.

L’Ailante (Ailanthus altissima) a été introduit au XVIIIe siècle en Europe. Arbuste venant du Sud de la Chine, il a été amené pour ces qualités ornementales et pour répondre à un besoin … nourricier ! De fait, au XIXème siècle, la production de soie est très populaire mais l’élevage du vers à soie (sériciculture) est compromis à cause de maladies et ravageurs qui déciment la population des vers. L’ailante est alors cultivé afin de devenir une plante hôte d’un autre vers à soie résistant aux maladies : le Bombyx de l’Ailante (Samia cynthia), papillon nocturne pouvant attendre 13cm d’envergure. C’est une plante qui s’adapte et s’acclimate très rapidement (Collin, 2009).

L’Ailante a une reproduction sexuée et asexuée. Les plantations de cette plante ornementale d’époque ont joué un rôle majeur dans sa propagation. Les interventions de l‘homme et le  stress naturel que subissent les végétaux favorisent sa reproduction végétative (tailles, gelées, feux…) car l’ailante drageonne vigoureusement. Des fragments de racines peuvent également générer de nouveaux individus.

Dr Jeremy Brugess / SPL – Science Photo Library / Biosphoto

Les impacts négatifs

–       Les racines de l’ailante sont puissantes et sont capables d’endommager les infrastructures occasionnant des dégâts importants.

–       Sa population envahit de plus en plus les milieux forestiers où il peut concurrencer la régénération forestière (ONF, 2008)

–       Elle émet des substances qui inhibent la germination d’autres graines du même milieu (dont les thérophytes, plantes annuelles qui meurent après leur reproduction)

Espèce exotique envahissante

Les espèces exotiques envahissantes (EEE) sont la troisième cause de perte de biodiversité dans le monde selon la Liste Rouge de l’Union Mondiale pour la Conservation de la Nature (UICN). Leur implantation sur le territoire est préoccupante du fait que certaines populations peuvent acquérir un avantage compétitif dans un territoire nouveau et devenir localement dominantes des milieux spécifiques. Attention, une espèce exotique n’est pas forcement envahissante. Pour devenir envahissante, elle doit franchir plusieurs barrières de sélection, dont des barrières géographiques et environnementales. Selon le code de conduite professionnel relatif aux plantes exotiques envahissantes, sur 1000 plantes introduites, en moyenne une seule présente le risque de devenir envahissante et une faible proportion pose des problèmes en ayant des impacts négatifs sur les populations autochtones et sur les écosystèmes.

© Antoine Boureau / Biosphoto

L’introduction de ces plantes est dûe à des actes parfois volontaires et parfois accidentels. Les flux de marchandises, les transits… sont une des premières causes accidentelles. Les graines se fixent tout simplement sur les containers, marchandises lors du transport… Du fait qu’elles soient très volatiles, elles se dispersent très facilement par le vent, l’eau et les déjections animales. Les résultats de l’étude des scientifiques de l’ARB et de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Ile de France sur l’impact des toitures végétalisés sur la biodiversité, ont d’ailleurs signalées la présence d’espèces végétales qui n’étaient normalement pas originaires d’Ile de France. Ici, on peut alors se poser la question sur le transport des systèmes de végétalisation des toitures. Il faut attendre la fin des résultats pour savoir si l’espèce introduite spontanément représente un danger pour l’écosystème présent ou autre (impact économique, sociétal, santé publique). Pour en savoir plus sur les premiers résultats de cette étude : c’est par ici.

D’autre espèces ont été introduites de manière volontaire à des fins précises : qualité gustative, recherche, ornement, réponse à la restauration de milieux dégradés et stabilisation des sols.

A titre d’exemple, comme nous la rencontrons souvent au jardin, la bien connue Renouée du Japon (Reynoutria japonica ou  Fallopia japonica) est une plante exotique envahissante, mais saviez-vous qu’elle a été introduite en provenance des Pays Bas, à des fins ornementales ? Elle a même remporté en 1847 le prix de la plante la plus intéressante !

Pour en savoir plus (source : Valhor) : Le code de conduite professionnel relatif aux plantes exotiques envahissantes, lancé en 2015, permet aux professionnels de la filière de s’engager de manière proactive afin de limiter les éventuels impacts négatifs des plantes exotiques envahissantes sur la biodiversité, la santé humaine ou les activités économiques. Il permet également de sensibiliser les consommateurs et les donneurs d’ordre en ce sens.

Les plantes relevant du Code de conduite sont réparties en deux listes correspondant à des risques et à des engagements différents :

La liste de consensus (interdiction totale d’utilisation) recense les plantes que tous les acteurs concernés souhaitent ne plus voir produites, vendues, prescrites ou utilisées sur l’ensemble du territoire.

La liste de plantes soumises à recommandation (restrictions partielles d’utilisation) recense les plantes qui ne sont envahissantes que dans certains milieux où elles peuvent avoir des impacts négatifs. Elles ont cependant des aspects positifs importants pour les utilisateurs. Des conditions précises d’utilisation sont définies.

Cultivé autrement 

Selon le code de conduite professionnel relatif aux plantes exotiques envahissantes, l’ailante est sur la liste de consensus (interdiction totale d’utilisation).

  • Son écorce peut être utilisé en médecines traditionnelles. Ses fruits et ses racines pour le traitement de différentes affections (maladie nerveuse, dysenterie…)
  • Le bois des jeunes sujets peut être utilisé en papeterie et celui des arbres adultes en menuiserie.

Bibiographie :

Le code de conduite professionnel relatif aux plantes exotiques envahissantes en France metropolitaine

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