S'informer : Les Conseils de Noé

Ces fiches conseils expliquent l’intérêt des 10 gestes de la Charte des Jardins de Noé et comment les mettre en pratique.

La méthode surprenante des Angiospermes pour attirer les pollinisateurs

Une partie des Angiospermes ont évolué afin de concevoir une stratégie permettant d’attirer les insectes pollinisateurs. Elles ont abouti à la création d’un même phénomène optique : en diffractant la lumière du soleil (c’est-à-dire en modifiant la direction de la propagation d’une onde lors de sa rencontre avec un obstacle ou une ouverture de petite dimension.), elles diffusent un type de halo allant du bleu à l’ultraviolet perceptible par de nombreux insectes.

Un pouvoir de séduction

Les Angiospermes sont communément appelées « les plantes à fleurs ». Ce sont en fait des végétaux dont les organes reproducteurs sont concentrés en une fleur et dont les graines fécondées sont enfermées dans un fruit. Dans 90% des cas, ce sont les insectes qui participent à la pollinisation de ces fleurs. A la recherche de nourriture, les insectes se chargent de pollen, qu’ils déposent ensuite sur une autre fleur. On parle alors de pollinisation entomophile. Les pollinisateurs de ce type de fleurs sont nombreux : les lépidoptères (papillons), les hyménoptères (abeilles et guêpes), les diptères (mouches), les coléoptères… Tous à la recherche de fleurs produisant le plus et le meilleur nectar, les fleurs favorites sont les fleurs colorées de bleu-ultraviolets car seules ces couleurs sont visibles. Les fleurs entomophiles l’ont bien comprises, les insectes sont attirés par leur robe bleutée.

Crédit photo : © Friedrich Strauss / Biosphoto

Une stratégie colorée

Toutes les fleurs, qu’elles soient blanches, jaunes ou roses veulent être fécondées. Mais apparaitre bleu nécessite la mise en place de mécanismes complexes pour une plante. Une plante peut devenir bleue en organisant des associations entre ions métallique et certains pigments. Elle peut également avoir besoin de l’action de l’homme pour modifier le PH de son sol. Par exemple, il est possible de changer la floraison d’un hortensia de rose à bleue en apportant à la terre du sulfate d’alumine et en habillant le pied de la plante avec de l’ardoise ou encore une poignée de clous rouillés. Méthode peu écologique et dépendante de la volonté de l’homme, elles ont dû trouver autre chose pour avoir de meilleure chance de se reproduire.

Alors afin qu’elles ne soient plus délaissées au profit de leur voisines bleutées (comme l’Agapanthe et l’Ancolie), elles ont évolué de manière à adopter des propriétés optiques bien particulières.

Crédit photo : © Frédéric Didillon / Biosphoto

Des stries irrégulières produisant un « halo bleu »

Une équipe de chercheurs de l’Université de Cambridge (Royaume-Uni) a découvert comment les plantes deviennent plus visibles des pollinisateurs. Ils ont publié le résultat de leur étude dans la revue scientifique Nature1. En étudiant une douzaine de plantes à fleurs, telle la pivoine coralline ou la tulipe Reine de la nuit, les scientifiques ont découvert que ces Angiospermes produisaient une sorte de « halo bleu » permettant ainsi de guider les pollinisateurs vers leurs fleurs. A l’échelle nanoscopique, les scientifiques ont constatés la présence de stries irrégulières sur les pétales des Angiospermes. Ce sont ces stries qui sont à l’origine de ce « halo bleu ». En effet, « ces stries dont la hauteur et l’espacement mesurent quelques centaines de nanomètres, diffractent la lumière du soleil, à la manière des sillons gravés sur un CD, ce qui produit des effets d’irisation » révèle Céline Fiorini, du Laboratoire d’électronique et de nanophotonique organique du CEA (Saclay, Essonne).

Les pollinisateurs les repèrent donc aussi facilement que des fleurs avec une vraie coloration bleue. Ainsi, sans avoir la capacité de synthétiser des pigments bleus, le désordre de ces stries influence les insectes à percevoir la couleur bleue venant de la plante. Les angiospermes ont donc développé un autre moyen de produire des signaux attirant les insectes à consommer leur nectar.

Bibliographie :

1.     Moyroud E. et al. Disorder in convergent floral nanostructures enhances signalling to bees. Nature 550, 469-474 (2017).
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