



Mes 10 engagements pour le jardin
Engagement n°8 : Améliorer son sol en respectant l'environnement
Pourquoi améliorer son sol en respectant l’environnement ?
Le sol nous supporte tous !
Le sol est l’élément de base du jardin… De ses qualités physiques comme de sa composition chimique dépendent la croissance et la santé de nos plantations. Il existe de nombreuses manières d’améliorer les qualités du sol, qui ne se traduisent pas toutes par l’utilisation d’engrais, dont les excès peuvent être néfastes tant au jardin qu’à l’environnement. Découvrez pourquoi adopter des pratiques respectueuses de l’environnement sur son sol, c’est préserver tous les êtres vivants…
Le sol, un élément déterminant
© JM.Labat&Y.Lanceau/Biosphoto
Le sol : support des cultures
On a parfois tendance à penser que les éléments nutritifs sont le principal facteur déterminant la réussite des plantations, alors que les qualités physiques du sol sont tout aussi importantes ! Ainsi, un sol sablonneux s’assèchera très vite et entraînera les éléments nutritifs loin des racines. Au contraire, un sol lourd retiendra trop l’humidité, favorisant les maladies bactériennes ou les champignons sur les racines. Le sol est donc déterminant dans la croissance des végétaux !
De l’engrais, pourquoi pas mais pas trop !
La consommation des produits du jardin, les tontes ou le ramassage des débris végétaux finissent par appauvrir la terre en certains éléments indispensables à la croissance des plantes. Les jardiniers et les agriculteurs ont appris, depuis que les cultures existent, à résoudre ces difficultés : jachères, plantation de légumineuses, amendements, engrais… Avec l’essor de la chimie agricole, des engrais puissants ont été développés et sont à présent accessibles à bon marché et faciles à épandre. Cet accès facile nous entraîne malheureusement vers des excès inutiles, inefficaces et parfois dangereux.
Comment l’engrais devient l’ennemi du jardinier…
L’engrais, utile lorsque employé à bon escient, peut poser plus de problèmes qu’il n’est censé en résoudre, jusqu’à se transformer en cauchemar de jardinier ! Quand une plante se voit offrir une bonne dose d’engrais, directement assimilable, les résultats sont rapidement visibles. Mais une croissance rapide fragilise aussi les plantes : les racines poussent moins profondément, aggravant les effets de la sécheresse, les nitrates se concentrent dans les feuilles, favorisant les attaques de champignons et de ravageurs, qu’il faudra ensuite traiter… C’est le début d’un cycle infernal de traitements ! Cette mobilisation de ressources et d’énergie est-elle vraiment de mise dans un jardin d’agrément ?
Préserver les cours d’eau et nappes phréatiques
© F.Vidal/Biosphoto
Eutrophisation d'un cours d'eau
L’abus d’engrais est aussi une cause de pollution des milieux naturels : les plantes du jardin ne pouvant absorber les doses massives, les éléments vont être entraînés par les eaux de surfaces ou drainés dans les nappes phréatiques. Ces abondantes concentrations d’éléments nutritifs vont se traduire par un phénomène d’eutrophisation, ou prolifération d’algues vertes, au détriment de tous les autres organismes, animaux comme végétaux. La concentration en nitrates rend aussi de plus en plus souvent les eaux des nappes impropres à la consommation humaine… entraînant des coûts de traitement prohibitifs pour les collectivités, ou la généralisation de la consommation d’eau en bouteille, dont le plastique vient allonger encore la liste de nos déchets…
Sol, flore, faune… tout est lié !
© JM.Labat/Biosphoto
Le sol est vivant !
Le sol est aussi un milieu vivant ! Et les engrais peuvent entraîner des modifications dans cet équilibre fragile. En effet, toutes les plantes ne sont pas adaptées pour survivre dans un milieu trop riche : certaines voient leur croissance réduite, d’autres disparaissent purement et simplement. Les plantes nitrophiles, qui apprécient les fortes doses d’engrais, sont par contre favorisées et étouffent bientôt les autres par leur vigueur. Dans une prairie, cette diminution de la variété végétale tourne rapidement à la catastrophe pour les papillons, dont les chenilles sont souvent dépendantes d’une ou quelques plantes. Cet exemple est malheureusement loin d’être le seul…
Le chiffre clé : 80 !
C’est le pourcentage de la biomasse animale qui se concentre dans le sol.
Soignez la faune du sol indispensable à l’équilibre du jardin
Cette vie dans le sol est la base de la bonne structure du sol et de sa fertilité. Elle est donc indispensable aux plantes, de l’échelle de l’infiniment petit - avec la vie microbienne qui dégrade la matière organique pour la rendre assimilable par les plantes - jusqu’aux vers de terre dont le travail améliore l’aération et le drainage du sol pour un meilleur enracinement. Parmi ces animaux, n’oublions pas non plus les auxiliaires des cultures, comme les mille-pattes et araignées, qui aident à combattre les « indésirables », tels que pucerons ou chenilles.
Bien gérer son sol, c’est donc améliorer ses qualités physiques et biologiques : cela permet de mieux valoriser les apports nutritifs, de réduire l’arrosage, de limiter le traitement des maladies… c’est donc une condition essentielle pour un jardin respectueux de l’environnement !
A lire aussi
En savoir plus
- Le sol, la terre et les champs, Claude Bourguignon, Sang de la Terre, 2002
