La pelouse cache bien son jeu. Dissimulées parmi les deux ou trois espèces de graminées qui constituent le « gazon » classique, de nombreuses fleurs sauvages attendent simplement que les conditions soient réunies pour fleurir. Quelques unes parviennent à faire des fleurs malgré une tonte fréquente à ras : les pâquerettes, le trèfle, et parfois même les pissenlits. Pour découvrir quelles autres fleurs sont prêtes à se révéler et profiter d’une biodiversité florissante, il suffit de respecter quelques gestes simples...
Tondre ou ne pas tondre ?
Pour entretenir sa prairie fleurie, il est important de changer sa façon de faire, à commencer par l’utilisation du matériel. Il est préférable de laisser la tondeuse dans le garage et de se mettre à faucher. Une prairie est en effet appréciée par bien d’autres animaux que les insectes. Les orvets et les grenouilles, par exemple, vivent volontiers dans l’ombre fraîche des hautes herbes. Pour ces animaux, la tonte est un véritable bouleversement. Affolés par le bruit du moteur, les vibrations et les odeurs d’essence, ils sont souvent victimes des lames de la machine. Faucher permet à la faune d’avoir de temps de se réfugier et ce n’est pas forcément plus fatigant (certains endroits ne sont pas toujours adaptés à la tondeuse !). Enfin, vous pourrez faire des économies de carburant !
Le produit clé :
La faux ! Elle refait son apparition dans les jardins et permet de ne pas broyer l’herbe et par la même occasion la faune qui se trouve dedans. Il ne reste plus qu’à trouver le bon coup de main !
Changez vos habitudes…
Lorsque l’utilisation de la faux n’est pas possible, en particulier pour des surfaces trop grandes, quelques gestes sont simples à respecter pour limiter les conséquences négatives de la tondeuse. Celle-ci propose souvent plusieurs hauteurs de coupe. Il est conseillé de choisir toujours la plus haute : l’herbe est alors assez courte pour la promenade mais conserve la fraîcheur et la hauteur nécessaires aux nombreux animaux qui trouvent refuge au bas des tiges.
Deux précautions sont ensuite nécessaires pour maintenir un bon niveau de biodiversité : ne couper qu’une partie de la prairie lors de l’entretien et laisser les végétaux coupés quelques jours sur place avant de les retirer et de les mettre dans le compost. Ces pratiques permettront aux insectes et autres animaux de trouver refuge dans la partie de prairie toujours sur pied. Ce type de roulement permet de préserver la biodiversité de votre jardin en même temps que de limiter vos efforts !
Le chiffre clé : 1 !
L’entretien de la prairie fleurie ne se fait pas plus d’une fois dans l’année : il a lieu de préférence à la mi-juillet ou à la mi-septembre, selon si on veut favoriser les floraisons printanières ou estivales. Cela permet de respecter au maximum les cycles de vie de bon nombre d’espèces et de profiter de votre temps libre !
Une prairie à la fois belle et utile
La version la plus simple consiste à laisser pousser la prairie pendant toute la saison de végétation, et à tondre ou faucher des allées parmi les herbes pour s’y promener confortablement.
La coupe peut devenir créative, les allées peuvent être sinueuses, droites, ou dessiner des motifs labyrinthiques selon les goûts. Il faut veiller néanmoins à conserver un accès facile aux points clés du jardin : tel massif, tel banc, etc.
Échelonnez les coupes !
On peut aller plus loin en divisant la prairie en trois parties et en échelonnant les coupes. On obtient ainsi une plus grande variété d’espaces au même moment, favorisant une plus grande diversité de la flore et de la faune : une partie tondue courte en été refleurira rapidement en lotiers ou en trèfles ; sa voisine fauchée un mois plus tôt portera de longues tiges vertes et fleuries, tandis que la dernière coupée mi-septembre, plus haute, offrira un concert de criquets réfugiés sur les tiges sèches des graminées.
L’astuce :
Efforcez vous de tondre en commençant au centre de la prairie et en finissant par les bordures extérieures. Cela permet aux animaux de s’enfuir devant la tondeuse et de se réfugier aux abords de la prairie. N’hésitez pas à laisser de l’herbe plus haute sur les bords de la prairie (en particulier à proximité des haies) : la transition est ainsi progressive pour les animaux qui s’y réfugient.
Établissez un calendrier des coupes en fonction des floraisons
Après une ou deux saisons d’observation, une fois que la flore de la prairie est mieux connue, on peut établir un calendrier des coupes et une division de la prairie en fonction des floraisons. On pourra ainsi dégager un endroit en prévision de l’émergence de fleurs à tiges basses, ou attendre ailleurs pour faucher que la période de floraison d’une autre espèce s’achève. En effet, la surface de la prairie n’est pas toujours homogène, certaines fleurs seront présentes à tel endroit et pas à tel autre. Par exemple, les anémones ficaires préféreront les zones fraîches, légèrement ombragées, alors que les centaurées s’épanouiront en plein soleil, dans un sol sec. A vous de jouer donc et d’adapter votre prairie à vos envies !
Pratique
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- Le jardin naturel, Vincent Albouy et G. Lemoine, Delachaux & Niestlé, 2005
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