La carotte sauvage, comme son nom l’indique, est la version sauvage de nos carottes potagères. Elle tient une place importante pour la faune sauvage au jardin. Et si vous deveniez "fanes"… de carottes sauvages ?!
Place écologique : Plante Hôte et Nectarifère
Pourquoi s’intéresser à la carotte sauvage ?
La carotte sauvage attire dans le jardin une multitude d’insectes qui aspirent le nectar ou récoltent le pollen de ses petites fleurs blanches : Il s’agit des guêpes et abeilles solitaires, des syrphes, des parasitoïdes comme les ichneumons, ou de bien d’autres insectes floricoles comme les leptures ou les œdémères ! D’autres téléphores (petits coléoptères orangés) en font quant à eux un terrain de chasse privilégié et de petites araignées s’y abritent lorsque les fleurs se referment en hiver. La carotte sauvage est aussi la plante hôte de la chenille du grand Machaon. Enfin, des oiseaux comme les verdiers apprécient particulièrement ses graines.
Le chiffre clé : 1 !
Une personne observant une prairie remplie de trèfle a une chance sur 10 000 de trouver un trèfle à quatre feuilles. Armez-vous donc de patience si vous décidez de chercher votre « porte-bonheur » !
En plus de favoriser de nombreux animaux, la carotte sauvage est décorative : elle donne un petit air de prairie champêtre au jardin et n’est pas envahissante ! Elle est aussi comestible, même si sa racine est moins appétissante que celle de la carotte potagère : elle est riche en carotène et est donc une source de vitamine A essentielle à la vision. Incluse dans notre alimentation, elle est également diurétique et a une action vermifuge. Les graines de la carotte sauvage sont très appréciées. Elles ont en effet une odeur de poire et aromatisent parfaitement des desserts ou des confitures. Enfin, l’huile essentielle de carotte sauvage permet de traiter des troubles digestifs. Alors ? Toujours pas « fanes » de carotte sauvage ?
Qui est-elle ?
La carotte sauvage (Daucus carota) est annuelle ou bisannuelle et peut atteindre 80 cm de haut, soit la hauteur d’un grand chien ! De juin à septembre, elle se repère facilement grâce à son ombelle* de petites fleurs blanches qui se referme et ressemble à un nid d’oiseau ou un petit panier lorsque les fruits sont mûrs à l’automne. Les cerfeuils ou les ciguës ressemblent beaucoup à la carotte sauvage mais sont par contre toxiques. Une petite fleur rouge sombre au centre de l’ombelle, une tige velue et une odeur agréable sont trois arguments qui permettent de s’assurer que l’on a bien à faire à une carotte sauvage ! En hiver, celle-ci persiste grâce à sa racine blanche souterraine en forme de pivot. Celle-ci est « coiffée » d’une rosette de feuilles très découpées : les fanes.
L’astuce :
La carotte sauvage utilise les animaux pour se disperser. Ses fruits épineux s’accrochent au pelage et sont ainsi transportés parfois très loin !
Comment favoriser la carotte sauvage dans votre jardin ?
- Si vous en avez dans votre jardin, ne l’arrachez pas et profitez durablement de ses nombreux avantages ! Pour cela, ne prélevez pas toutes les graines lorsque vous en récoltez pour agrémenter votre cuisine. Cela permet d’assurer la reproduction pour les années futures. Si vous consommez les racines, assurez-vous de laisser des plants sur-place : ainsi, il restera à manger pour la biodiversité.
- Si vous n’avez pas de carotte sauvage dans votre jardin, vous pouvez récolter des graines à l’automne dans les champs, les prairies, les friches, les talus, sur les bords de chemin… Semez-les de préférence après récolte à l’automne. La carotte sauvage n’est pas très contraignante : elle affectionne les sols calcaires, la présence de cailloux et les coins de jardin ensoleillés. Elle est idéale dans une prairie naturelle fleurie !
Pratique
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En savoir plus
- Le jardin naturel, Vincent Albouy, Delachaux et Niestlé, 2005
- Coccinelles primevères mésanges, Denis Pépin, Georges Chauvin, Terre vivante, 2008
- Cliquez ici pour découvrir la carotte sauvage avec Tela botanica
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