Fiche n° 21 Dernière actualisation : 23-04-2009 | Note

Les animaux sauvages du jardin

Les alliés du jardin
Les syrphes
Ils n’ont aucune pitié pour les pucerons !

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Les syrphes sont souvent méconnus ou confondus avec les guêpes, les bourdons ou même les frelons. Pourtant ils ont une place importante au jardin car ils sont d’une aide précieuse pour la protection des végétaux. Découvrez les différents rôles de ces insectes et apprenez à les accueillir dans votre jardin…

Place écologique : Prédateur ou Décomposeur (larves)          ou Pollinisateur (adultes)

Pourquoi s’intéresser aux syrphes?

Les larves de syrphes font la guerre à toutes les espèces de pucerons (même les pucerons ailés !) car ce sont leur nourriture favorite. Elles comptent ainsi parmi les prédateurs de pucerons les plus efficaces, au même titre que les coccinelles, et sont donc essentielles dans la régulation de cette population de « ravageurs ». En les accueillant dans votre jardin, vous aurez donc de fortes chances de limiter l’invasion de pucerons !

Les larves de certaines espèces se nourrissent quant à elles de débris organiques ou de végétaux en décomposition. Les syrphes participent donc aussi au grand recyclage naturel !

Le Chiffre clé : 300 !

C’est le nombre de pucerons qu’une larve de syrphe peut tuer en une nuit. Elle se nourrit en moyenne de 30 à 40 pucerons par jour mais elle tue en réalité une quantité supérieure à ses besoins. Massacrer les pucerons, c’est dans sa nature !

Au stade adulte, les syrphes jouent un second rôle essentiel : la pollinisation ! Les syrphes adultes se nourrissent du pollen et du nectar de très nombreuses fleurs tels que le coquelicot, le pissenlit, la menthe, la phacélie, la carotte sauvage, l’achillée millefeuille, le bouton d’or, la chicorée ou la pâquerette. En volant de fleur en fleur sur de longues distances, ils répandent les grains de pollen et participent ainsi à la reproduction des végétaux au même titre que les abeilles ou les papillons ! La diminution des fleurs des champs et des « mauvaises herbes » est une grave menace pour les syrphes comme pour tous les pollinisateurs qui peut avoir de lourdes conséquences sur la biodiversité et donc sur notre quotidien...

L’anecdote :

Certaines espèces de syrphes sont des indicateurs de la qualité de l’environnement : elles permettent une meilleure compréhension et donc une gestion plus efficace des espaces naturels protégés !

Qui sont-ils ?

Les syrphes que l’on rencontre fréquemment au jardin (comme Episyrphus balteatus) sont souvent confondus avec les guêpes de par leurs couleurs (jaune et noir) et leurs rayures. Ils sont néanmoins plus petits (entre 10 et 15 mm), plus fins, plus rapides et leur remarquable vol stationnaire les caractérise. Ils sont présents dans nos jardins de février à novembre avec une pointe d’activité en juin et juillet et peuvent vivre jusqu’à 3 ans si les conditions de l’habitat sont bonnes. Les œufs sont pondus isolément ou par paquets, souvent directement dans une colonie de pucerons et donnent naissance aux larves, de couleur blanche ou vert translucide. Les syrphes hibernent rarement à l’état adulte mais plutôt à l’état larvaire. Dans tous les cas, c’est dans des vieux bâtiments, des abris de rochers, une litière de feuilles, sur les faces inférieures de feuilles persistantes, dans les creux des écorces ou sous le feuillage épais du lierre… et les adultes profitent du moindre rayon de soleil pour trouver de la nourriture !

L’Astuce :

Malgré leur caractère inoffensif, les syrphes ressemblent aux guêpes, aux abeilles ou aux frelons ce qui rend méfiant les prédateurs comme les moineaux ou les pies. Quelle belle diversion !

Comment favoriser les syrphes dans votre jardin ?

Le syrphe est présent partout en France, il suffit simplement de favoriser son environnement pour qu’il réalise son cycle :

  • Comme beaucoup d’insectes, le syrphe est victime des pesticides. Les insecticides touchent directement le syrphe adulte, et en détruisant les pucerons, ils privent la larve de sa nourriture. Pour favoriser les syrphes au jardin, la première chose à faire est donc d’éviter d’utiliser tout traitement chimique contre les insectes.  
  • Il est aussi important de rétablir un équilibre au jardin et de laisser se développer des plantes sauvages et spontanées dans les plates-bandes et dans les haies, comme l’ortie, le sureau, le séneçon, la molène, l’orge... Ce sont de véritables restaurants d’appoint qui offrent tous les pucerons dont ont besoin les syrphes (et d’autres prédateurs des pucerons comme les coccinelles) en cas de disette sur les plantes cultivées. Si ces dernières sont attaquées, vous aurez votre armée de syrphes sous la main !
  • Pour favoriser les syrphes, vous pouvez laisser se développer des plantes sauvages et semer des plantes sauvages. Elles sont en effet riches en nectar et pollen pour nourrir les adultes. Dans l’idéal, la floraison doit être à la fois précoce (pimprenelle, souci, véroniques…) pour nourrir les premiers syrphes dès la fin de l’hiver, étalée (centaurée, lotier corniculé…) pour que les fleurs soit présentes en continue, et tardive (tournesol, chardon, pissenlit…) pour apaiser les dernières faims !
  • Pour faciliter l’hibernation des syrphes et de nombreux autres animaux sauvages, vous pouvez laisser dans votre jardin une grande diversité d’abris naturels. Pour cela, reportez-vous à la fiche qui y correspond.

 

Pratique

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Commentaires

De : nature22
Publié le : 21 juil. 2009 21:08:03
D'accord avec "jardindeclair" ! Plus on laisse faire et plus on constate qu'une régulation naturelle se met en place. La nature ne nous a heureusement pas attendu pour ça !
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En savoir plus

  • Les insectes pollinisateurs, A. Pouvreau, Delachaux et Niestlé, 2004

 

  • Petit atlas des insectes, F. Lasserre et G. Hodebert, Delachaux et Niestlé, 2007
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