Le hérisson ne mérite pas le sort qu’il a aujourd’hui. Afin de laisser une chance à cet animal bien sympathique, apprenez à le connaître, à le respecter et à lui laisser une petite place dans votre jardin. Il vous sera d’ailleurs fort utile !
Place écologique : Prédateur
Pourquoi s’intéresser au hérisson ?
Le hérisson d’Europe est en danger et donc protégé par la loi. Il est principalement victime des pesticides (qui l’intoxiquent), du trafic routier et du parasitisme (par les puces, tiques, mouches…). Sa seule défense face au danger est de se mettre en boule, tous pics dressés, sa tête et ses pattes à l’abri ! Cela n’est bien sûr pas suffisant…
Le hérisson est pourtant un petit mammifère bien sympathique, qui rend plus de services qu’il ne cause de soucis. En effet, il fait partie des petits animaux indispensables au jardin car il est le prédateur de nombreux « ravageurs » que l’on aimerait parfois voir moins nombreux. Il se nourrit principalement de limaces et d’escargots mais ne rechigne pas à dévorer des vers de terre, des chenilles, des hannetons, des charançons et encore d’autres insectes du sol comme les mille-pattes et les perce-oreilles. Plus rarement, il peut se régaler d’oisillons, d’œufs, de campagnols, de grenouilles, de couleuvres ou d’orvets, et même de charognes. Le régime très diversifié du hérisson permet ainsi de réguler de façon naturelle les populations des locataires « indésirables » du jardin qui aiment autant que nous les fruits et les légumes !
Le Chiffre clé : 26 !
C’est le pourcentage de hérissons qui meurent à cause de l’utilisation des herbicides et des pesticides. Malheureusement, les hérissons sont loin d’être les seules victimes…
Qui est-il ?
Le hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus) est un petit mammifère solitaire au museau allongé mesurant jusqu’à 34 cm de long et 15 cm de haut à l’âge adulte. Il possède sur le dos des piquants imposants qui le protège de ses prédateurs car qui s’y frotte s’y pique ! Comme les ours ou les marmottes, le hérisson hiberne pendant la mauvaise saison : il affronte cette période de disette dans son nid douillet, sous un tas de bois, ou dans la haie, qu’il remplit de feuilles, mousses, brindilles... Il n’en sort qu’à l’arrivée de la chaleur printanière et jusqu’à la fin de l’automne.
En période de réveil, il dort tout de même le plus clair de son temps et si on le trouve, c’est le plus souvent la nuit lorsqu’il chasse sa nourriture près du composteur, dans les haies et les bosquets, dans les prairies, dans le potager et sur les routes (c’est pour cela que l’on en retrouve beaucoup écrasés par les véhicules à moteur…). Il fait beaucoup de bruit en fouillant parmi les feuilles et en mastiquant ses mets et est donc facilement repérable ! Pour rechercher sa nourriture et trouver un/une compagne, le hérisson se déplace beaucoup et a besoin d’un grand territoire. Votre jardin ne lui suffira donc pas, aussi grand soit-il !
En été, il est possible de découvrir la maman hérisson accompagnée de ces 4 à 5 petits. Heureusement pour elle, les petits naissent sans les pics ! Le hérisson vit en général 3 à 4 ans et parfois le double quand l’environnement lui est propice.
Comment accueillir le hérisson ?
La première cause de mortalité du hérisson est l’intoxication par les pesticides : le hérisson se régale de limaces, elles même empoisonnées par les anti-limaces, que le hérisson ingère donc à son tour. Evitez de traiter votre jardin et découvrez de nouvelles manières de lutter contre les limaces.
- Attention à la conduite de nuit ! Si vous êtes en voiture, faites votre possible pour éviter les hérissons qui chassent les vers de terre sur l’asphalte mouillé (en ne mettant pas votre vie en danger, cela va de soit !).
- Enfermez vos animaux domestiques la nuit, au moment où le hérisson est de sortie. Il pourra ainsi savourer ses proies en toute tranquillité.
- Ne dérangez pas le hérisson dans son sommeil, pendant la journée ou plus généralement lorsqu’il hiberne. Veillez donc à limiter les perturbations aux abords de son nid douillet.
- Avant de remuer, de tailler, de débroussailler ou de brûler un tas de feuilles ou de branchages, vérifiez qu’un hérisson n’y a pas fait son nid, cela pourrait fortement le déranger voir l’endommager.
- Evitez de recueillir un hérisson adulte, blessé ou non. Dans de nombreux cas, ces chances de survie son très réduites malgré les soins que vous lui apporterez. Mieux vaut le laisser dans la nature.
- Le hérisson a besoin d’un grand territoire et peut parfois escalader certains obstacles de 2 m de haut pour se promener dans ce territoire. Mais facilitez-lui la tâche en laissant une ouverture d’au moins 15 cm de côtés à la base de vos murs ou de vos clôtures.
- Pour aider le hérisson à passer l’hiver ou pour qu’il élève douillettement ses petits, fabriquez-lui un abri rien que pour lui.
- Equipez vos piscines, regards et autre trous de couvercles ou « d’échelles de secours » (une planche en bois inclinée, un grillage ou une corde à escalader). Le hérisson peut ainsi ressortir sans difficulté du trou si jamais il y est tombé. Ces aménagements serviront également à bien d’autres animaux…
- Contrairement aux idées reçues, il est très mauvais de laisser du lait ou des croûtes de fromages à un hérisson. Même s’il semble s’en régaler, cela le rend très malade et peut lui être fatal. Le mieux est de lui laisser la possibilité de trouver ses proies dans un jardin naturel !
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- Le hérisson, P. Jourde et L. Lenartowski, Delachaux et Niestlé, 2008
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