Il existe de nombreuses espèces de carabes et rares sont celles qui ne rendent pas service au jardinier. Il y en a d’ailleurs un que l’on surnomme "la jardinière" ! Apprenez à connaitre et à protéger ces auxiliaires de longue date.
Place écologique : Prédateur
Pourquoi s’intéresser aux carabes ?
Bon nombre de carabes se feront de plus en plus rare si l’on ne change pas très vite nos habitudes. L’utilisation de pesticides et autres produits chimiques est directement à l’origine du déclin des carabes. Le labour et le bêchage détruisent quant à eux les œufs et ne permettent pas la naissance d’autres individus. Sans oublier les haies et les herbes hautes qui se font de plus en plus discrètes dans notre paysage, privant d’abri ces insectes à l’activité plutôt nocturne.
Le chiffre clé : 1000 !
C’est le nombre d’années que peut mettre une bouteille en plastique pour se dégrader totalement. Or, laissée dans la nature, elle constitue un piège pour de nombreux insectes comme les carabes. Avant de disparaitre, ce déchet jeté n’importe où dans la nature a le temps de faire de gros dégâts...
Les carabes sont pourtant de grands prédateurs des ravageurs de nos jardins. Larves comme adultes se nourrissent en effet de limaces, d’escargots, mais aussi de pucerons, de larves de taupin, de vers ou encore de chenilles. Ils patrouillent sur le sol des champs et des potagers et sont de véritables gardiens pour nos plantations.
Malgré leur rapidité, ils échappent rarement aux crapauds et aux hérissons, et sont le mets de bien d’autres insectivores comme les chouettes et les musaraignes. Les carabes font ainsi partie de la chaine alimentaire et ont donc leur rôle à jouer pour l’équilibre de notre jardin.
Qui sont-ils ?
Les carabes appartiennent à une immense famille aux couleurs et aux formes très diverses. Celles-ci sont plutôt sombres mais la grande variété de leurs reflets (verts métalliques, bronzes, violets ou bleus) et des sillons présents sur leur abdomen rend parfois difficile l’identification. Si l’on n’y prend pas garde, on peut les confondre avec des scarabées mais leur forme est plus allongée. Il y en a pour toutes les tailles puisqu’ils mesurent entre 8 et 50 mm de long. Le carabe doré (Carabus auratus), qui ne volent pas, fait partie des plus grands d’entre eux que l’on observe souvent au potager et qui est aussi certainement le plus joli avec ses reflets dorés. Son rôle au jardin lui vaut le surnom de « jardinière » !
L’Astuce :
Pour se défendre, les carabes sécrètent un liquide rougeâtre pouvant provoquer des irritations. Celui-ci est gênant mais sans danger. Mieux vaut les observer avec les yeux et éviter de les manipuler !
Peut-être aurez-vous la chance de l’observer dans votre jardin sous des feuilles mortes, un tas de bois ou une pierre ? C’est ici que les carabes se réfugient souvent pendant la journée et durant toute la mauvaise saison, avant de repartir chasser la nuit dans les champs, les prairies, les potagers, ou encore les bosquets et les forêts. L’été, une fois la nuit tombée, les petits carabes font partie de ces espèces qui envahissent la maison éclairée sitôt que la fenêtre ou la porte est ouverte. Les carabes peuvent vivre jusqu’à 3 ans, ce qui est un record pour le monde des insectes !
Comment favoriser le carabe dans votre jardin ?
- L’intoxication par les pesticides est une cause de mortalité importante pour les carabes : ils peuvent être eux-mêmes directement touchés ou bien se nourrir d’insectes empoisonnés. Evitez de traiter votre jardin et découvrez de nouvelles manières de lutter contre les "nuisibles".
- Dans le potager, favoriser les TCS (techniques de cultures simplifiées) et le semis direct (sans labour). Ce sont des techniques durables et respectueuses de la biodiversité qui ne sont pas moins efficaces pour autant ! A défaut, laissez au moins quelques parties non labourées dans votre jardin afin de limiter la destruction des œufs de carabes enfouis dans le sol.
- Attention aux pièges à limaces (canettes ou bouteilles en plastiques) qui sont de vrais pièges aussi pour les carabes. Attirés par les limaces, ils se noient, ne pouvant remonter les pentes glissantes…
- Plantez une haie champêtre et laissez feuilles mortes, pierres, bois pourri ou bûches à sa base… Cela fera des abris idéaux pour les carabes et bien d’autres espèces sauvages.
- Laissez des zones herbeuses non fauchées. Elles servent en effet de refuges aux carabes et à de nombreuses autres espèces… Vous pouvez par exemple laisser des bordures de votre haie champêtre non fauchées.
- La phacélie est une plante semble-t-il convoité par les carabes. Pour attirer ces derniers, vous pouvez en planter dans votre jardin. Dans tous les cas, cela ne peut qu’embellir celui-ci !
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