On connaît bien maintenant les « jachères fleuries » qui agrémentent ici et là les terres agricoles. Comme d’autres prairies artificielles, elles nécessitent un labour préalable et un semis. Mais il existe une autre façon de procéder, à la portée de tous : reconvertir sa pelouse en prairie fleurie. Une démarche aussi facile que gratifiante !
Bien situer la prairie fleurie
L’idéal est d’exposer votre prairie au sud, dans la périphérie de votre jardin pour qu’elle ne soit pas trop piétinée. Elle doit être également protégée des vents dominants, par exemple par une haie, un bosquet, un muret, un bâtiment… De manière générale, plus la nature du sol et le relief sont variés plus votre prairie sera riche en biodiversité !
Appauvrir le sol pour l’enrichir de fleurs
Le grand ennemi des prairies fleuries est l’engrais. Un sol trop riche verra les graminées dominer largement, étouffant la plupart des plantes à fleur, dont la croissance est plus lente. Si l’endroit choisi pour une prairie fleurie apparaît trop riche, il faut commencer par l’appauvrir. Le meilleur moyen est d’évacuer les résidus de fauchage ou de tonte sur un autre endroit du jardin, ou de les composter. Si le milieu est particulièrement riche, il est aussi possible de cultiver pour une ou deux années des plantes très gourmandes, comme des pommes de terre par exemple. Et naturellement, il faut éviter tout apport d’engrais, de cendre ou de compost.
Quand semer une prairie fleurie ?
De manière générale, avant de pouvoir germer, les graines doivent subir les mauvaises conditions de l’hiver. C’est pour cela qu’il est idéal de semer les graines après la récolte une fois qu’elles sont mûres et séchées, au plus tard en automne. Si vous les semez au printemps après les avoir conservées, il se peut qu’elles ne germent que l’année d’après ! Le semis sur place permet également un meilleur enracinement – et donc une plus grande vigueur.
L’Astuce :
Profitez également du travail des taupes : les taupinières sont idéales pour semer des annuelles dans une prairie !
Quel mélange semer?
Noé Conservation et le grainetier Nova-Flore ont travaillé, en partenariat avec l'Office pour les Insectes et leur Environnement (OPIE), à la définition d'un mélange de graines sauvages d'origine française favorable aux pollinisateurs sauvages.
La diversité des fleurs qui le compose (28 espèces) permet d'attirer une large gamme de pollinisateurs (papillons, syrphes, abeilles...) qui pourront par ailleurs assurer la pollinisation de votre potager!
Comment semer une prairie fleurie ?
Semer des graines sur un gazon en place est rarement couronné de succès. La densité des graminées empêche les graines d’atteindre le sol ou étouffe les jeunes plants. Pour remédier à ce problème, plusieurs techniques de préparation sont possibles :
- Technique diffuse : herser et scarifier plusieurs fois, en croisant les passages, jusqu’à faire apparaître par endroits la terre à nu. Par la suite, semer à la volée et passer le rouleau pour tasser les graines. Il ne faut pas hésiter sur la quantité de graines : peu trouveront les conditions idéales pour germer !
- Technique par carrés : arracher des mottes de terre ou retourner des carrés de terre de la largeur d’un fer de bêche. Semer les graines sur ces petites surfaces bien ameublies. Les jeunes plants seront assez solides avant que les graminées n’aient le temps de réinvestir les lieux. Si la sécheresse menace, n’arroser que les carrés, et non les herbes autour, qui auraient vite fait d’en profiter… L’enrichissement de la prairie se fera ensuite lentement, à partir de ces taches éparpillées.
- Technique du repiquage : semer les graines en pépinières, et repiquer les jeunes plants les plus solides. Cette technique demande plus de travail, et de doigté également, mais permet d’obtenir des résultats assez rapides…
- Technique de la greffe de sol : découpez des carrés d’une dizaine de cm de profondeur dans une prairie naturelle \"condamnée\" (c’est-à-dire vouée à disparaître) et repiquez-les dans votre gazon. Cette méthode est très rapide et permet d’obtenir directement un cortège d’espèces important. Mais là aussi, il ne s’agit pas d’appauvrir la nature pour enrichir son jardin : cette méthode n’est à utiliser que pour des prairies condamnées à disparaître, dans les zones de construction par exemple, et avec l’accord du propriétaire…
Pratique
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- Le jardin naturel, Vincent Albouy et G. Lemoine, Delachaux & Niestlé, 2005
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